10 exercices à difficulté croissante : équation différentielle, constante de temps, applications au refroidissement.
← Retour au coursUne tasse de café refroidit dans une pièce à \(T_{ext}=20\ °\text{C}\). Sa température suit la loi de Newton du refroidissement.
1. \(T(t)\) suit une exponentielle décroissante : la température diminue rapidement au début puis de plus en plus lentement, en s'approchant asymptotiquement de la température ambiante.
2. \(T(t) \to T_{ext} = 20\ °\text{C}\) : le café finit par atteindre la température de la pièce.
La loi de Newton du refroidissement s'écrit \(\dfrac{dT}{dt} = -k(T-T_{ext})\), avec \(k>0\) une constante caractéristique du système.
1. \(\dfrac{dT}{dt}\) est proportionnelle à \(-(T-T_{ext})\) : plus l'écart \((T-T_{ext})\) est grand, plus \(\left|\dfrac{dT}{dt}\right|\) est grand, donc plus la température varie rapidement.
2. Si \(T=T_{ext}\), alors \(\dfrac{dT}{dt}=0\) : la température n'évolue plus, le système est à l'équilibre thermique avec l'extérieur.
Un objet à \(T_0=90\ °\text{C}\) est placé dans une pièce à \(T_{ext}=20\ °\text{C}\). Sa température suit \(T(t)=T_{ext}+(T_0-T_{ext})e^{-kt}\), avec \(k=0{,}02\ \text{min}^{-1}\).
1. \(T(t) = 20+(90-20)e^{-0{,}02t} = 20+70\,e^{-0{,}02t}\).
2. \(T(15) = 20+70\,e^{-0{,}02\times15} = 20+70\,e^{-0{,}3} \approx 20+70\times0{,}741 \approx 20+51{,}9 \approx 71{,}9\ °\text{C}\).
Pour la loi de Newton du refroidissement, la constante de temps est définie par \(\tau=\dfrac{1}{k}\).
1. \(\tau = \dfrac{1}{k} = \dfrac{1}{0{,}05} = 20\ \text{s}\).
2. Après \(t=\tau\), \(T(t)-T_{ext} = (T_0-T_{ext})e^{-1} = \dfrac{60}{e} \approx \dfrac{60}{2{,}718} \approx 22{,}1\ °\text{C}\).
Un objet initialement à \(T_0=100\ °\text{C}\), placé dans une ambiance à \(T_{ext}=25\ °\text{C}\), atteint \(T=60\ °\text{C}\) après \(t=10\ \text{min}\).
1. \(60 = 25+(100-25)e^{-10k} \Rightarrow 35 = 75\,e^{-10k} \Rightarrow e^{-10k}=\dfrac{35}{75}=\dfrac{7}{15}\approx0{,}467\).
2. \(-10k = \ln(0{,}467) \approx -0{,}762 \Rightarrow k \approx \dfrac{0{,}762}{10} \approx 0{,}0762\ \text{min}^{-1}\).
Un plat sortant du four à \(T_0=200\ °\text{C}\) refroidit dans une cuisine à \(T_{ext}=22\ °\text{C}\), avec une constante \(k=0{,}04\ \text{min}^{-1}\). On souhaite savoir au bout de combien de temps le plat atteint \(T=50\ °\text{C}\) (température jugée sûre pour être servi).
1. \(50 = 22+(200-22)e^{-0{,}04t} \Rightarrow 28 = 178\,e^{-0{,}04t} \Rightarrow e^{-0{,}04t} = \dfrac{28}{178} \approx 0{,}1573\).
2. \(-0{,}04t = \ln(0{,}1573) \approx -1{,}850 \Rightarrow t \approx \dfrac{1{,}850}{0{,}04} \approx 46{,}3\ \text{min}\).
Deux échantillons identiques, initialement à \(T_0=95\ °\text{C}\) et de même constante \(k=0{,}03\ \text{min}^{-1}\), sont placés l'un dans une pièce à \(T_{ext,1}=20\ °\text{C}\), l'autre dans une chambre froide à \(T_{ext,2}=4\ °\text{C}\).
1. \(T_1(t) = 20+(95-20)e^{-0{,}03t} = 20+75\,e^{-0{,}03t}\). \(T_2(t) = 4+(95-4)e^{-0{,}03t} = 4+91\,e^{-0{,}03t}\).
2. \(e^{-0{,}03\times20}=e^{-0{,}6}\approx0{,}549\).
\(T_1(20) = 20+75\times0{,}549 \approx 20+41{,}2 \approx 61{,}2\ °\text{C}\). Baisse : \(95-61{,}2=33{,}8\ °\text{C}\).
\(T_2(20) = 4+91\times0{,}549 \approx 4+50{,}0 \approx 54{,}0\ °\text{C}\). Baisse : \(95-54{,}0=41{,}0\ °\text{C}\).
3. L'échantillon 2 (chambre froide) a subi la plus grande baisse. Cela s'explique par l'équation différentielle : \(\dfrac{dT}{dt}=-k(T-T_{ext})\) — l'écart initial \((T_0-T_{ext})\) est plus grand pour l'échantillon 2 (91 °C contre 75 °C), donc sa vitesse de refroidissement initiale est plus rapide.
Un corps est découvert à \(T=28{,}0\ °\text{C}\) dans une pièce maintenue à \(T_{ext}=18{,}0\ °\text{C}\). On admet qu'à l'instant du décès (\(t=0\)), la température du corps était \(T_0=37{,}0\ °\text{C}\) (température corporelle normale), et que le refroidissement suit la loi de Newton avec \(k=0{,}015\ \text{h}^{-1}\).
1. \(T(t) = 18{,}0+(37{,}0-18{,}0)e^{-0{,}015t} = 18{,}0+19{,}0\,e^{-0{,}015t}\).
2. \(28{,}0 = 18{,}0+19{,}0\,e^{-0{,}015t} \Rightarrow 10{,}0 = 19{,}0\,e^{-0{,}015t} \Rightarrow e^{-0{,}015t} = \dfrac{10{,}0}{19{,}0}\approx0{,}526\).
\(-0{,}015t = \ln(0{,}526) \approx -0{,}642 \Rightarrow t \approx \dfrac{0{,}642}{0{,}015} \approx 42{,}8\ \text{h}\).
3. Ce modèle suppose \(k\) et \(T_{ext}\) parfaitement constants pendant toute la durée, ce qui est irréaliste sur près de 43 h (variations de température ambiante jour/nuit, habillement, morphologie, décomposition qui modifie les échanges thermiques...). En pratique, ce modèle n'est fiable que sur les toutes premières heures suivant le décès.
Pour un objet de masse \(m\), de capacité thermique massique \(c\), et de surface d'échange \(S\) avec l'air ambiant, un bilan d'énergie sur une durée \(dt\) permet de montrer que \(k=\dfrac{hS}{mc}\), où \(h\) est le coefficient d'échange thermique surfacique (en \(\text{W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}\)).
On considère une sphère métallique de masse \(m=0{,}80\ \text{kg}\), de capacité thermique massique \(c=450\ \text{J}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}\), de surface \(S=0{,}030\ \text{m}^2\), avec \(h=12\ \text{W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}\).
1. \(k = \dfrac{hS}{mc} = \dfrac{12\times0{,}030}{0{,}80\times450} = \dfrac{0{,}36}{360} = 1{,}0\times10^{-3}\ \text{s}^{-1}\).
\(\tau = \dfrac{1}{k} = 1000\ \text{s} \approx 16{,}7\ \text{min}\).
2. \(k=\dfrac{hS}{mc}\) : la masse \(m\) est multipliée par 2, mais la surface \(S\) n'est multipliée que par \(2^{2/3}\approx1{,}587\) (car pour un objet 3D, le volume — donc la masse — croît comme le cube d'une longueur caractéristique, tandis que la surface croît comme le carré). Le rapport \(S/m\) diminue donc lorsque l'objet grossit, donc \(k\) diminue, donc \(\tau=1/k\) augmente : un objet plus gros (mais de même forme et matériau) refroidit relativement plus lentement — c'est le même principe qui explique pourquoi un grand animal perd proportionnellement moins de chaleur qu'un petit.
On souhaite déterminer expérimentalement la constante \(k\) d'un système à partir de mesures de \(T(t)\), avec \(T_{ext}=19{,}0\ °\text{C}\) déterminé séparément. On dispose des mesures suivantes :
1. \(T-T_{ext} = (T_0-T_{ext})e^{-kt} \Rightarrow \ln(T-T_{ext}) = \ln(T_0-T_{ext}) - kt\). En posant \(y=\ln(T-T_{ext})\), on a \(y = -k\,t + \ln(T_0-T_{ext})\) : c'est une fonction affine de \(t\), de pente \(a=-k\) et d'ordonnée à l'origine \(b=\ln(T_0-T_{ext})\).
2. \(y_0 = \ln(80{,}0-19{,}0) = \ln(61{,}0) \approx 4{,}111\).
\(y_1 = \ln(52{,}3-19{,}0) = \ln(33{,}3) \approx 3{,}506\).
3. \(a = \dfrac{3{,}506-4{,}111}{8-0} = \dfrac{-0{,}605}{8} \approx -0{,}0756\ \text{min}^{-1}\).
Comme \(a=-k\), on obtient \(k \approx 0{,}0756\ \text{min}^{-1}\). Cette méthode de linéarisation (tracé de \(\ln(T-T_{ext})\) en fonction de \(t\)) permet de déterminer \(k\) expérimentalement à partir de plusieurs points de mesure, même sans connaître sa valeur a priori.