10 exercices à difficulté croissante : vitesse de réaction, temps de demi-réaction, facteurs cinétiques, ordre de réaction.
← Retour au coursLors du suivi cinétique d'une réaction, on trace la courbe \([\text{A}](t)\) d'un réactif A qui se consomme au cours du temps.
1. \([\text{A}](t)\) est décroissante (A se consomme). La pente (en valeur absolue) diminue progressivement au cours du temps : la courbe est de plus en plus « plate ».
2. La vitesse est la plus grande au début de la réaction, quand les concentrations des réactifs sont maximales : c'est là que la pente de la tangente à la courbe est la plus raide (en valeur absolue).
Pour une réaction \(\text{A} \rightarrow \text{produits}\), la concentration de A passe de \([\text{A}]_1=0{,}80\ \text{mol/L}\) à \(t_1=0\ \text{s}\) à \([\text{A}]_2=0{,}65\ \text{mol/L}\) à \(t_2=20\ \text{s}\).
1. \(v_{moy} = -\dfrac{[\text{A}]_2-[\text{A}]_1}{t_2-t_1} = -\dfrac{\Delta[\text{A}]}{\Delta t}\) (le signe moins assure une vitesse positive puisque \([\text{A}]\) diminue).
2. \(v_{moy} = -\dfrac{0{,}65-0{,}80}{20-0} = -\dfrac{-0{,}15}{20} = 7{,}5\times10^{-3}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{s}^{-1}\).
On compare deux expériences identiques sauf pour la concentration initiale d'un réactif : l'une avec \([\text{A}]_0=0{,}10\ \text{mol/L}\), l'autre avec \([\text{A}]_0'=0{,}50\ \text{mol/L}\) (cinq fois plus concentrée).
1. Une augmentation de la concentration des réactifs augmente la vitesse de la réaction (plus de molécules de réactifs par unité de volume, donc plus de chocs efficaces par unité de temps).
2. L'expérience à \(0{,}50\ \text{mol/L}\) étant plus rapide, son temps de demi-réaction \(t_{1/2}'\) est plus court que \(t_{1/2}\) de l'expérience à \(0{,}10\ \text{mol/L}\) (attention : la valeur précise du rapport dépend de l'ordre de la réaction, non précisé ici).
Une réaction part avec une concentration initiale \([\text{A}]_0=0{,}60\ \text{mol/L}\) d'un réactif limitant A, entièrement consommé à l'état final (réaction totale).
1. \(t_{1/2}\) est la durée au bout de laquelle l'avancement de la réaction (ou la concentration du réactif limitant, pour une réaction totale) a atteint la moitié de sa valeur finale.
2. À \(t_{1/2}\), la moitié de A a été consommée : \([\text{A}](t_{1/2}) = \dfrac{[\text{A}]_0}{2} = \dfrac{0{,}60}{2} = 0{,}30\ \text{mol/L}\).
Le suivi d'une réaction de décomposition d'un réactif A (\([\text{A}]_0=1{,}00\times10^{-2}\ \text{mol/L}\)) donne le tableau suivant :
1. \(\dfrac{[\text{A}]_0}{2} = \dfrac{1{,}00\times10^{-2}}{2} = 5{,}0\times10^{-3}\ \text{mol/L}\).
2. D'après le tableau, cette concentration est atteinte exactement à \(t=10\ \text{min}\) : \(t_{1/2} = 10\ \text{min}\).
On réalise la même réaction chimique dans deux béchers identiques, l'un à \(20\ °\text{C}\), l'autre à \(50\ °\text{C}\), toutes choses égales par ailleurs (mêmes concentrations initiales).
1. Une augmentation de température augmente la vitesse de réaction. À l'échelle microscopique, les molécules ont une agitation thermique plus importante : les chocs entre réactifs sont plus fréquents et surtout plus énergétiques, ce qui augmente la proportion de chocs efficaces (dépassant l'énergie d'activation).
2. La réaction à \(50\ °\text{C}\) est plus rapide, donc son temps de demi-réaction est plus court que celui de la réaction à \(20\ °\text{C}\).
Sur la courbe \([\text{A}](t)\) d'un suivi cinétique, on trace la tangente à la courbe à l'instant \(t=5{,}0\ \text{min}\). Cette tangente passe par les points \((3{,}0\ \text{min}\,;\,0{,}42\ \text{mol/L})\) et \((8{,}0\ \text{min}\,;\,0{,}18\ \text{mol/L})\).
1. Coefficient directeur : \(\dfrac{\Delta[\text{A}]}{\Delta t} = \dfrac{0{,}18-0{,}42}{8{,}0-3{,}0} = \dfrac{-0{,}24}{5{,}0} = -0{,}048\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1}\).
2. La vitesse de disparition est l'opposé du coefficient directeur de la tangente : \(v(5{,}0\ \text{min}) = -(-0{,}048) = 0{,}048\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1}\).
On suit la réaction \((\text{CH}_3)_3\text{CCl} + \text{H}_2\text{O} \rightarrow (\text{CH}_3)_3\text{COH} + \text{H}^+ + \text{Cl}^-\) par conductimétrie, car la conductivité de la solution augmente au fur et à mesure de la formation des ions \(\text{H}^+\) et \(\text{Cl}^-\). On modélise la conductivité par \(\sigma(t) = \sigma_{\infty}(1-e^{-t/\tau})\), avec \(\sigma_\infty=850\ \mu\text{S/cm}\) (valeur finale) et \(\tau=120\ \text{s}\).
1. \(\sigma(\tau) = 850\times(1-e^{-1}) \approx 850\times0{,}632 \approx 537\ \mu\text{S/cm}\).
\(\dfrac{537}{850} \approx 0{,}632 = 63{,}2\%\) : conforme à la propriété générale des exponentielles (à \(t=\tau\), on atteint 63 % de la variation totale).
2. \(1-e^{-t_{1/2}/\tau}=\dfrac{1}{2} \Rightarrow e^{-t_{1/2}/\tau}=\dfrac{1}{2} \Rightarrow -\dfrac{t_{1/2}}{\tau}=\ln(1/2)=-\ln(2) \Rightarrow t_{1/2}=\tau\ln(2)\).
\(t_{1/2} = 120\times0{,}693 \approx 83{,}2\ \text{s}\).
On étudie la réaction entre les ions peroxodisulfate et iodure : \(\text{S}_2\text{O}_8^{2-}+2\,\text{I}^- \rightarrow 2\,\text{SO}_4^{2-}+\text{I}_2\). Deux expériences sont menées à la même température : l'expérience 1 avec \([\text{I}^-]_0=0{,}10\ \text{mol/L}\) donne une vitesse initiale \(v_1=2{,}0\times10^{-5}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{s}^{-1}\) ; l'expérience 2, avec \([\text{I}^-]_0=0{,}20\ \text{mol/L}\) (tout le reste identique), donne \(v_2=4{,}0\times10^{-5}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{s}^{-1}\).
1. \(\dfrac{v_2}{v_1} = \dfrac{4{,}0\times10^{-5}}{2{,}0\times10^{-5}} = 2{,}0\). \(\dfrac{[\text{I}^-]_{0,2}}{[\text{I}^-]_{0,1}} = \dfrac{0{,}20}{0{,}10} = 2{,}0\).
2. Les deux rapports sont égaux : doubler \([\text{I}^-]_0\) double la vitesse initiale. La vitesse initiale est donc proportionnelle à \([\text{I}^-]_0\) : la réaction est d'ordre 1 par rapport à l'ion iodure.
Pour une réaction d'ordre 1 par rapport à un réactif A (\(v=k[\text{A}]\)), on peut montrer que \(\ln([\text{A}]_0/[\text{A}](t)) = kt\), soit une relation affine entre \(\ln([\text{A}]_0/[\text{A}])\) et \(t\), de pente \(k\) (constante de vitesse). Un suivi cinétique donne \([\text{A}]_0=0{,}50\ \text{mol/L}\), puis \([\text{A}](600\ \text{s})=0{,}18\ \text{mol/L}\).
1. \(\ln\left(\dfrac{0{,}50}{0{,}18}\right) = \ln(2{,}778) \approx 1{,}022\).
2. \(k = \dfrac{1{,}022}{600} \approx 1{,}70\times10^{-3}\ \text{s}^{-1}\).
3. \(t_{1/2} = \dfrac{\ln(2)}{k} = \dfrac{0{,}693}{1{,}70\times10^{-3}} \approx 408\ \text{s} \approx 6{,}8\ \text{min}\) — pour une cinétique d'ordre 1, ce temps de demi-réaction serait le même quelle que soit la concentration initiale choisie, contrairement à d'autres ordres de réaction.