Cinétique chimique, mécanismes réactionnels et décroissance radioactive
Une transformation peut être quasi-instantanée (explosion) ou s'étaler sur des millénaires (carbone-14). Comprendre à quelle vitesse un système évolue permet de contrôler, accélérer ou ralentir ces transformations.
La demi-vie d'un médicament détermine la fréquence des prises. Trop lent → accumulation toxique ; trop rapide → inefficacité.
Les catalyseurs industriels (platine dans les pots catalytiques) accélèrent les réactions sans se consommer, réduisant les coûts énergétiques.
Le technétium-99m (t½ = 6h) est utilisé en scintigraphie : assez long pour l'examen, assez court pour limiter l'irradiation.
La datation au carbone-14 (t½ ≈ 5730 ans) permet de dater des matières organiques jusqu'à environ 50 000 ans.
Augmenter T accélère toujours la réaction. Règle empirique : +10 °C ≈ ×2 à ×3 la vitesse.
Plus les réactifs sont concentrés, plus les chocs sont fréquents → réaction plus rapide. À dilution infinie, la vitesse → 0.
Un catalyseur accélère une réaction chimique sans être consommé. Il abaisse l'énergie d'activation en proposant un chemin réactionnel alternatif.
Même phase que les réactifs.
Ex : ions H⁺ en solution.
Phase différente.
Ex : platine solide + gaz (pot catalytique).
Enzymes biologiques très spécifiques.
Ex : amylase salivaire → amidon.
✔ Non consommé (régénéré)
✔ Accélère les deux sens
✔ Ne modifie pas K(T)
✔ Petite quantité suffit
La vitesse volumique est toujours positive. Unité : mol·L⁻¹·s⁻¹.
d[réactif]/dt < 0 → v = −d[réactif]/dt > 0
d[produit]/dt > 0 → v = d[produit]/dt > 0
| Grandeur | Espèce suivie | Exemple |
|---|---|---|
| Absorbance | Espèce colorée | KMnO₄ |
| pH | H₃O⁺ ou HO⁻ | Hydrolyse d'ester |
| Conductivité σ | Ions en solution | Saponification |
| Pression P | Gaz formé/consommé | Décomposition H₂O₂ |
| Volume gaz | Produit gazeux | Zn + 2 H₃O⁺ → H₂ |
On étudie la décomposition d'un composé A selon une réaction d'ordre 1 : A → produits. On suit l'évolution de la concentration [A] en fonction du temps. Le simulateur ci-dessous représente la courbe [A] = f(t) pour trois réactions différentes.
La vitesse volumique instantanée de disparition de A à l'instant t est définie par :
Sur le graphe, la tangente en un point est la droite qui effleure la courbe en ce point. Sa pente (rapportée aux axes) donne directement d[A]/dt.
| Réaction | k (s⁻¹) | [A]₀ (mol/L) | v(30 s) mesurée | v(30 s) calculée |
|---|---|---|---|---|
| A | 8×10⁻³ | 0,50 | à mesurer ↑ | ? |
| B | 1,8×10⁻² | 0,40 | à mesurer ↑ | ? |
| C | 3,5×10⁻² | 0,60 | à mesurer ↑ | ? |
La solution de cette équation différentielle est :
On réarrange pour mettre toutes les quantités en [A] d'un côté, et le temps de l'autre :
On intègre entre t = 0 et t = t quelconque :
On développe et réorganise :
On applique l'exponentielle aux deux membres pour "sortir" [A](t) du logarithme :
Par définition, t½ est l'instant où [A](t½) = [A]₀/2. On substitue dans la solution :
Le peroxyde d'hydrogène H₂O₂ est un antiseptique courant. Il se décompose lentement en solution aqueuse selon la réaction :
On ajoute du dioxyde de manganèse solide MnO₂ et on suit l'évolution de la concentration en H₂O₂ par spectrophotométrie.
| t (min) | 0 | 5 | 10 | 20 | 30 |
|---|---|---|---|---|---|
| [H₂O₂] (mol·L⁻¹) | 0,400 | 0,283 | 0,200 | 0,100 | 0,050 |
| ln([H₂O₂]/c°) | −0,916 | −1,263 | −1,609 | −2,303 | −2,996 |
c° = 1 mol·L⁻¹ (concentration de référence, sans unité)
En utilisant les valeurs de ln([H₂O₂]/c°) du Document 1, justifier que la décomposition de H₂O₂ suit une loi de vitesse d'ordre 1. Préciser la méthode graphique utilisée.
Déterminer graphiquement la constante de vitesse k en calculant la pente de la droite ln([H₂O₂]/c°) = f(t). Donner la valeur de k en min⁻¹ puis en s⁻¹.
Calculer le temps de demi-réaction t½. Vérifier la cohérence avec les données du Document 1.
À partir des Documents 1 et 2, préciser le rôle de MnO₂ dans cette transformation. Indiquer le type de catalyse mis en jeu et justifier.
Collision réelle entre 1 ou 2 entités. Se produit en une étape, sans intermédiaire.
Formé dans une étape, consommé dans la suivante. Absent du bilan. ≠ catalyseur (non régénéré).
Neutron → Proton. Z+1, A constant.
Proton → Neutron. Z−1, A constant.
Émission ⁴He. Z−2, A−4.
Photon γ. Z et A inchangés. Accompagne souvent α ou β.
Indépendant de N₀, T, P et de l'état chimique.
Désintégrations/seconde. A(t) = A₀·e−λt.
Des archéologues fouillent une sépulture gauloise et y découvrent des restes osseux et des fragments de bois carbonisé. Pour dater ces vestiges, ils font appel à la méthode de datation par le carbone-14.
Le carbone-14 (14C) est un isotope radioactif naturellement présent dans tout organisme vivant. À la mort de l'organisme, le 14C n'est plus renouvelé et sa désintégration suit une loi de décroissance radioactive.
Calculer la constante radioactive λ du carbone-14 en an⁻¹. Justifier le choix de l'unité.
En détaillant la démarche, calculer l'âge t de l'os à partir de son activité A. Conclure sur l'époque approximative de la sépulture.
Calculer l'âge t′ du bois à partir de son activité A′ = 7,20 Bq·g⁻¹. Comparer avec l'âge de l'os. Les deux datations sont-elles cohérentes ? Discuter.
La méthode de datation au carbone-14 est fiable pour des âges inférieurs à environ 50 000 ans. Expliquer cette limite à partir de la loi de décroissance et des contraintes de mesure de l'activité.
| Compétence | Fréquence |
|---|---|
| Calculer une vitesse volumique graphiquement | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| Identifier l'ordre 1 par tracé de ln[A] = f(t) | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| Calculer t½ à partir de k ou λ | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| Écrire une équation de désintégration | ⭐⭐⭐⭐ |
| Datation radioactive | ⭐⭐⭐⭐ |
| Identifier catalyseur et intermédiaire dans un mécanisme | ⭐⭐⭐⭐ |
| Justifier le choix d'un capteur de suivi temporel | ⭐⭐⭐ |
Coche honnêtement chaque compétence. Les cases cochées sont sauvegardées localement.