Terminale · Spécialité Physique-Chimie · Chapitre 3

Suivi d'un titrage — exercices

10 exercices corrigés pas à pas, 4 mini-simulations pour explorer, du calcul guidé à l'exercice de synthèse type bac.
🧰 Nouveau : courbe du vinaigre, méthode de la dérivée, dilution, incertitudes et vitamine C interactifs + vérificateur de réponse.

Avant de commencer
Code couleur de toute la page : concentration Cvolume Vquantité de matière n, conductivité σpH, pKa
Réflexes pour chaque exercice

① Écrire la réaction support et vérifier qu'elle est totale (K ≫ 10⁴).
② Écrire la relation à l'équivalence avant de calculer.
③ Faire l'application numérique avec unités.
④ Vérifier l'ordre de grandeur.

Niveaux

★ application directe du cours
★★ plusieurs étapes, lecture de données
★★★ approfondissement : incertitudes, esprit critique, type bac

Valeurs utilisées partout : pKe = 14,0 · pKa(CH₃COOH/CH₃COO⁻) = 4,75 · M(CH₃COOH) = 60,0 g·mol⁻¹ · M(NaOH) = 40,0 g·mol⁻¹ · M(NaCl) = 58,4 g·mol⁻¹ · conversion : 1 mS·cm⁻¹ = 0,1 S·m⁻¹.
1
Le degré d'un vinaigre
★ niveau 1titrage direct pH-métriquedegré · C · m
🥗 Contrôle d'un vinaigre de table étiqueté « 7° »

Le degré d'un vinaigre est la masse d'acide éthanoïque pur (en g) contenue dans 100 g de vinaigre. On dilue 10 fois le vinaigre commercial S₀ pour obtenir la solution S. On titre un volume VA = 20,0 mL de S par une solution de soude de concentration CB = 0,100 mol·L⁻¹, avec suivi pH-métrique.

Résultats : pH initial = 2,84 · saut de pH repéré par la méthode de la dérivée : VE = 23,6 mL · pH à VE/2 = 4,75.
Données : masse volumique du vinaigre ρ = 1,01 g·mL⁻¹ ; M(CH₃COOH) = 60,0 g·mol⁻¹.
  1. Écrire l'équation de la réaction support du titrage et montrer qu'elle est totale.
  2. Écrire la relation à l'équivalence et en déduire la concentration CA de S.
  3. En déduire la concentration C0, puis la concentration massique de S₀.
  4. Calculer le degré du vinaigre et le comparer à l'étiquette.
  5. Le pH initial confirme-t-il que l'acide éthanoïque est un acide faible ? Calculer son taux d'avancement final.
2
Quel indicateur coloré choisir ?
★★ niveau 2pH à l'équivalencezone de virage · simulation
🎨 Un indicateur mal choisi fausse le volume équivalent

On titre VA = 20,0 mL d'une solution d'acide (CA = 0,100 mol·L⁻¹) par de la soude CB = 0,100 mol·L⁻¹, dans deux cas : acide éthanoïque (pKa = 4,75), puis acide chlorhydrique.

Zones de virage : hélianthine 3,1 – 4,4 (rouge → jaune) · bleu de bromothymol 6,0 – 7,6 (jaune → bleu) · phénolphtaléine 8,2 – 10,0 (incolore → rose).
  1. Calculer le volume équivalent VE dans les deux dosages.
  2. Calculer le pH à l'équivalence pour l'acide éthanoïque, sachant que pHE = ½ (pKe + pKa + log CA⁻), où CA⁻ est la concentration de la base conjuguée à l'équivalence. Donner celui de l'acide chlorhydrique.
  3. Quel(s) indicateur(s) convient-il d'utiliser dans chaque cas ? Justifier.
  4. Simulation. Pour chaque couple (acide, indicateur), relever le volume auquel l'indicateur vire et l'écart relatif sur VE. Que constate-t-on avec l'hélianthine ? avec le BBT dans le dosage de l'acide faible ?
Simulation — le virage tombe-t-il à l'équivalence ?
3
Exploiter des mesures : méthode de la dérivée
★★ niveau 2dérivée dpH/dVpKa par demi-équivalence
🧴 Dosage d'une solution d'acide lactique (détartrant dilué)

On titre VA = 20,0 mL d'une solution d'acide lactique CH₃CH(OH)COOH, noté HL, par de la soude CB = 0,100 mol·L⁻¹. Le pH-mètre donne :

V (mL)0,07,012,012,513,013,514,014,515,015,516,0
pH2,523,864,644,784,985,298,2411,1611,4611,6311,74

M(HL) = 90,1 g·mol⁻¹.

  1. Pour chaque volume de 12,5 à 15,5 mL, calculer la dérivée centrée \(\dfrac{\Delta pH}{\Delta V}=\dfrac{pH(V+0{,}5)-pH(V-0{,}5)}{1{,}0}\).
  2. En déduire le volume équivalent VE.
  3. Calculer la concentration CA puis la concentration massique de la solution.
  4. Déterminer le pKa du couple HL/L⁻ à l'aide de la mesure à V = 7,0 mL.
  5. Avec un pas de 0,5 mL, quelle est la précision sur VE ? Comment l'améliorer ?
4
Solution tampon et relation d'Henderson-Hasselbalch
★★ niveau 2avant l'équivalencepH = pKa + log([A⁻]/[AH])
🧪 Pourquoi le sang, les produits cosmétiques et les piscines sont « tamponnés »

On titre VA = 20,0 mL d'acide éthanoïque de concentration 0,100 mol·L⁻¹ par de la soude 0,100 mol·L⁻¹ (pKa = 4,75 ; VE = 20,0 mL).

  1. À V = 5,0 mL, construire le tableau d'avancement en quantités de matière et calculer le pH avec la relation d'Henderson-Hasselbalch.
  2. Même question à V = 10,0 mL puis V = 15,0 mL.
  3. Au mélange obtenu à V = 10,0 mL (volume total 30,0 mL), on ajoute 1,0 mL d'acide chlorhydrique à 0,100 mol·L⁻¹. Calculer le nouveau pH et le comparer à celui qu'on obtiendrait en ajoutant la même quantité d'acide dans 30,0 mL d'eau pure.
  4. Simulation. Pour quelles valeurs de V la relation d'Henderson-Hasselbalch est-elle précise ? Pourquoi s'écarte-t-elle ailleurs ?
Simulation — Henderson-Hasselbalch (tirets) contre calcul exact (trait plein)
5
Titrage conductimétrique : du tableau à l'intersection
★★ niveau 2conductimétriedilution · σ = Σ λ·[X]
🧽 Acide chlorhydrique d'un produit de nettoyage

On dose VA = 10,0 mL d'une solution S d'acide chlorhydrique (H₃O⁺ + Cl⁻), de concentration CA inconnue, par de la soude CB = 0,100 mol·L⁻¹. On ajoute 90 mL d'eau distillée dans le bécher avant de commencer, puis on mesure la conductivité σ après chaque ajout de V mL de soude.

V (mL)024681012141618202224
σ (mS·cm⁻¹)5,124,413,773,122,521,911,351,772,152,552,923,273,62

Conductivités molaires ioniques (mS·m²·mol⁻¹) : λ(H₃O⁺) = 35,0 ; λ(HO⁻) = 19,8 ; λ(Na⁺) = 5,0 ; λ(Cl⁻) = 7,6.

  1. Écrire l'équation du titrage. Quels ions disparaissent ? Quels ions apparaissent ? Lesquels sont spectateurs ?
  2. Justifier qualitativement l'allure de σ(V) : pente avant et après l'équivalence.
  3. Pourquoi ajoute-t-on 90 mL d'eau avant de titrer ? Quelle correction faut-il appliquer aux mesures ?
  4. Simulation. Tracer σ(V) avec et sans correction de dilution et déterminer VE par intersection des deux droites.
  5. En déduire CA.
Simulation — droites et intersection (régression sur les 5 premiers et 5 derniers points)
6
Titrage d'un diacide : l'acide oxalique
★★★ approfondissementdeux aciditéspKa1 / pKa2
🧱 L'acide oxalique est utilisé comme détachant de rouille

L'acide oxalique H₂C₂O₄ est un diacide : il met en jeu les couples H₂C₂O₄/HC₂O₄⁻ (pKa1 = 1,23) et HC₂O₄⁻/C₂O₄²⁻ (pKa2 = 4,19). On titre VA = 20,0 mL de solution d'acide oxalique de concentration CA = 0,0500 mol·L⁻¹ par de la soude CB = 0,100 mol·L⁻¹.

  1. Écrire les équations des deux réactions de titrage successives et la réaction globale.
  2. Établir la relation entre VE1 et VE2, puis calculer ces deux volumes.
  3. Simulation. Observer la courbe pH(V). Pourquoi le premier saut de pH est-il peu marqué alors que le deuxième est net ?
  4. Que vaut le pH à V = 15,0 mL ? Quelle grandeur retrouve-t-on ? Pourquoi n'obtient-on pas le pKa1 à V = 5,0 mL ?
Simulation — courbe pH(V) d'un diacide (calcul exact des deux équilibres)
7
Doser un déboucheur : dilution avant titrage
★★ niveau 2base forte par acide fortdilution · verrerie
🚿 Déboucheur à base d'hydroxyde de sodium : concentration élevée, danger

Une solution commerciale S₀ d'hydroxyde de sodium (Na⁺ + HO⁻) est très concentrée. On la dilue 20 fois avec une pipette jaugée de 25,0 mL et une fiole jaugée de 500,0 mL pour obtenir S. On titre VB = 20,0 mL de S par de l'acide chlorhydrique CA = 0,100 mol·L⁻¹. L'équivalence est obtenue pour VE = 23,8 mL.

Sécurité : la soude concentrée est corrosive : gants, lunettes, blouse.
  1. Vérifier que le facteur de dilution vaut 20.
  2. Écrire l'équation du titrage et la relation à l'équivalence.
  3. Calculer la concentration C de S, puis C0 de S₀ et la concentration massique de S₀.
  4. Que vaut le pH à l'équivalence ? Quel indicateur coloré choisir ?
  5. Quel volume équivalent aurait-on obtenu en titrant directement 20,0 mL de S₀ ? Conclure sur l'intérêt de la dilution.
8
Incertitudes : le résultat est-il compatible avec l'étiquette ?
★★★ approfondissementincertitude composéeécart normalisé
⚖️ Un résultat sans incertitude n'est pas un résultat de mesure

On reprend le titrage du vinaigre (exercice 1) : CB = 0,100 mol·L⁻¹, VA = 20,00 mL, VE = 23,6 mL, donc CA = 0,1180 mol·L⁻¹.

Incertitudes-types : u(CB) = 0,001 mol·L⁻¹ · u(VE) = 0,06 mL (lecture et repérage de l'équivalence) · u(VA) = 0,02 mL (pipette jaugée).
Valeur attendue d'après l'étiquette (7°) : CA,réf = 0,1178 mol·L⁻¹.
  1. Calculer les incertitudes relatives de chaque grandeur d'entrée.
  2. Calculer l'incertitude relative composée sur CA en utilisant \[\dfrac{u(C_A)}{C_A}=\sqrt{\left(\dfrac{u(C_B)}{C_B}\right)^2+\left(\dfrac{u(V_E)}{V_E}\right)^2+\left(\dfrac{u(V_A)}{V_A}\right)^2}\] puis u(CA).
  3. Écrire le résultat avec un nombre de chiffres significatifs cohérent. Quelle source d'incertitude domine ? Comment améliorer le résultat ?
  4. Calculer l'écart normalisé \(E_N=\dfrac{|C_A-C_{A,réf}|}{u(C_A)}\). Le résultat est-il compatible avec l'étiquette ?
9
Titrage par précipitation : le sérum physiologique
★★★ approfondissementAg⁺ + Cl⁻ → AgCl(s)suivi conductimétrique
💧 Un sérum physiologique contient 0,9 % de chlorure de sodium (9 g·L⁻¹)

On dose les ions chlorure d'un sérum physiologique. On prélève VS = 10,0 mL de sérum, on ajoute 90 mL d'eau distillée, puis on verse une solution de nitrate d'argent (Ag⁺ + NO₃⁻) de concentration CAg = 0,100 mol·L⁻¹. On mesure la conductivité après chaque ajout.

V (mL)02468101214161820222426
σ (mS·cm⁻¹)1,951,901,851,811,771,721,691,651,681,882,072,252,432,61

λ (mS·m²·mol⁻¹) : Na⁺ 5,01 · Cl⁻ 7,63 · Ag⁺ 6,19 · NO₃⁻ 7,14. Produit de solubilité : pKs(AgCl) = 9,75.

  1. Écrire l'équation de la réaction de titrage et calculer sa constante d'équilibre. Est-elle adaptée à un titrage ?
  2. Quels ions sont spectateurs ? Justifier qualitativement les pentes avant et après l'équivalence.
  3. Simulation. Déterminer VE par la méthode des droites (après correction de dilution).
  4. En déduire la concentration en ions chlorure puis la concentration massique en NaCl du sérum. Conclure.
  5. Pourquoi ne peut-on pas ici suivre le titrage par pH-métrie ?
Simulation — titrage conductimétrique par précipitation
10
Exercice de synthèse : un comprimé de vitamine C
★★★ type bacavancement · pHE · indicateurmasse · incertitude
💊 « Vitamine C 500 » : le comprimé contient-il bien 500 mg d'acide ascorbique ?

L'acide ascorbique C₆H₈O₆, noté AscH, est un monoacide (couple AscH/Asc⁻, pKa = 4,1). Un comprimé est dissous dans une fiole jaugée de 200,0 mL. On titre VA = 50,0 mL de cette solution par de la soude CB = 0,0500 mol·L⁻¹. Le suivi pH-métrique et la méthode de la dérivée donnent VE = 14,0 mL.

Données : M(AscH) = 176,1 g·mol⁻¹ · indicateurs : BBT (6,0 – 7,6) ; phénolphtaléine (8,2 – 10,0) · incertitude sur la masse déterminée : u(m) = 8 mg · masse annoncée : 500 mg.
  1. Écrire la réaction support, calculer sa constante et conclure.
  2. Construire le tableau d'avancement pour V < VE, à V = VE puis V > VE (réactif limitant, espèces présentes).
  3. Calculer la quantité d'acide ascorbique dans le prélèvement, puis dans le comprimé. En déduire sa masse.
  4. Comparer au 500 mg annoncé : écart relatif, écart normalisé, conclusion.
  5. Calculer le pH à l'équivalence. Le BBT ou la phénolphtaléine convient-il ?
  6. Pour aller plus loin : si l'on avait utilisé une soude à 0,500 mol·L⁻¹, quel volume VE aurait-on obtenu ? Quel serait l'inconvénient ?
Bilan de compétences

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