10 exercices à difficulté croissante : lentille mince, condition afocale, image intermédiaire, grossissement, choix d'un oculaire, pouvoir séparateur.
← Retour au coursUne lunette astronomique est constituée de deux lentilles convergentes L₁ et L₂ de distances focales \(f'_1 = 80\ \text{cm}\) et \(f'_2 = 2{,}0\ \text{cm}\).
1. L'objectif est la lentille de grande focale, tournée vers l'astre : L₁ (80 cm). L'oculaire est la lentille de petite focale, côté œil : L₂ (2,0 cm).
2. Le foyer image de l'objectif est confondu avec le foyer objet de l'oculaire : \(F'_1 = F_2\). Un objet à l'infini donne alors une image à l'infini.
3. L'image finale étant à l'infini, un œil normal l'observe sans accommoder, donc sans fatigue.
Un objet AB de hauteur 2,0 cm est placé à 15 cm devant une lentille convergente de distance focale \(f' = 5{,}0\ \text{cm}\) : \(\overline{OA} = -15\ \text{cm}\).
1. \(\dfrac{1}{\overline{OA'}} = \dfrac{1}{f'} + \dfrac{1}{\overline{OA}} = \dfrac{1}{5{,}0} - \dfrac{1}{15} = \dfrac{3-1}{15} = \dfrac{2}{15}\), donc \(\overline{OA'} = 7{,}5\ \text{cm}\).
2. \(\gamma = \dfrac{\overline{OA'}}{\overline{OA}} = \dfrac{7{,}5}{-15} = -0{,}50\) ; \(\overline{A'B'} = \gamma\,\overline{AB} = -1{,}0\ \text{cm}\). Image réelle (\(\overline{OA'} > 0\)), renversée (γ < 0), deux fois plus petite.
Sur la notice d'une lunette, on lit : objectif de vergence \(V_1 = 1{,}25\ \delta\), oculaire de vergence \(V_2 = 25\ \delta\).
1. \(f'_1 = \dfrac{1}{V_1} = \dfrac{1}{1{,}25} = 0{,}800\ \text{m} = 80{,}0\ \text{cm}\) ; \(f'_2 = \dfrac{1}{25} = 0{,}040\ \text{m} = 4{,}0\ \text{cm}\).
2. \(O_1O_2 = f'_1 + f'_2 = 80{,}0 + 4{,}0 = 84{,}0\ \text{cm}\).
3. \(G = \dfrac{f'_1}{f'_2} = \dfrac{80{,}0}{4{,}0} = 20\). Remarque : on a aussi \(G = V_2/V_1 = 25/1{,}25 = 20\).
Jupiter est observé sous un diamètre apparent \(\alpha = 2{,}2\times10^{-4}\ \text{rad}\). La lunette a un objectif de focale \(f'_1 = 1{,}20\ \text{m}\) et un oculaire de focale \(f'_2 = 6{,}0\ \text{mm}\). On utilise \(\tan\alpha \approx \alpha\).
1. Jupiter étant à l'infini, A₁B₁ se forme dans le plan focal image de l'objectif. \(A_1B_1 = f'_1\,\alpha = 1200\ \text{mm}\times2{,}2\times10^{-4} \approx 0{,}26\ \text{mm}\).
2. \(G = \dfrac{1200}{6{,}0} = 200\). \(\alpha' = G\alpha = 200\times2{,}2\times10^{-4} = 4{,}4\times10^{-2}\ \text{rad}\), soit \(4{,}4\times10^{-2}\times\dfrac{180}{\pi} \approx 2{,}5°\) : Jupiter apparaît comme un petit disque.
Une lunette a un objectif de focale \(f'_1 = 700\ \text{mm}\). On dispose de quatre oculaires de focales 25 mm, 12 mm, 9 mm et 6 mm. Pour observer les anneaux de Saturne, il faut un grossissement compris entre 50 et 120.
1. \(G = 700/f'_2\) : 25 mm → 28 ; 12 mm → 58 ; 9 mm → 78 ; 6 mm → 117.
2. Conviennent : les oculaires de 12 mm, 9 mm et 6 mm (G entre 50 et 120). Le 6 mm donne le plus grand grossissement (117), donc l'image la plus grande. Le 25 mm (G = 28) est trop faible.
On considère une lunette afocale : objectif L₁ (centre O₁, focale \(f'_1\)), oculaire L₂ (centre O₂, focale \(f'_2\)). Un astre est vu à l'œil nu sous l'angle α ; à travers la lunette sous l'angle α′.
1. Le rayon passant par O₁ n'est pas dévié : il coupe le plan focal image de L₁ en B₁. A₁ est en F′₁ = F₂ (voir le schéma de la section 3 du cours).
2. Dans le triangle rectangle O₁A₁B₁ : \(\tan\alpha = \dfrac{A_1B_1}{O_1A_1} = \dfrac{A_1B_1}{f'_1}\), donc \(\alpha \approx \dfrac{A_1B_1}{f'_1}\).
3. Le rayon B₁O₂ n'est pas dévié par L₂ ; comme B₁ est dans le plan focal objet de L₂, tous les rayons issus de B₁ ressortent parallèles à lui, sous l'angle α′. Dans le triangle O₂A₁B₁ : \(\alpha' \approx \dfrac{A_1B_1}{f'_2}\).
4. \(G = \dfrac{\alpha'}{\alpha} = \dfrac{A_1B_1/f'_2}{A_1B_1/f'_1} = \dfrac{f'_1}{f'_2}\).
Un club veut fabriquer une lunette afocale de grossissement \(G = 20\) dans un tube de longueur \(O_1O_2 = 1{,}05\ \text{m}\).
1. \(f'_1 = G\,f'_2\) et \(O_1O_2 = f'_1 + f'_2\).
2. \(O_1O_2 = G f'_2 + f'_2 = (G+1)f'_2\) donc \(f'_2 = \dfrac{1{,}05}{21} = 0{,}050\ \text{m} = 5{,}0\ \text{cm}\) et \(f'_1 = 20\times5{,}0 = 100\ \text{cm}\).
3. \(V_1 = 1/1{,}00 = 1{,}0\ \delta\) et \(V_2 = 1/0{,}050 = 20\ \delta\).
Deux petits cratères de la Lune sont distants de \(d = 2{,}0\ \text{km}\). Distance Terre-Lune : \(D = 3{,}84\times10^{5}\ \text{km}\). L'œil distingue deux points s'ils sont vus sous un angle supérieur à \(\varepsilon = 3{,}0\times10^{-4}\ \text{rad}\). L'objectif de la lunette a une focale \(f'_1 = 900\ \text{mm}\).
1. \(\alpha \approx \dfrac{d}{D} = \dfrac{2{,}0}{3{,}84\times10^{5}} \approx 5{,}2\times10^{-6}\ \text{rad}\), très inférieur à ε : les cratères ne sont pas séparés à l'œil nu.
2. Il faut \(\alpha' = G\alpha \ge \varepsilon\), soit \(G \ge \dfrac{\varepsilon}{\alpha} = \dfrac{3{,}0\times10^{-4}}{5{,}2\times10^{-6}} \approx 58\).
3. \(G = f'_1/f'_2 \ge 58 \Rightarrow f'_2 \le \dfrac{900}{58} \approx 15{,}5\ \text{mm}\). Il faut un oculaire de focale au plus 15 mm environ (par exemple 12 mm ou 10 mm).
On utilise une lunette (objectif \(f'_1 = 50{,}0\ \text{cm}\), oculaire \(f'_2 = 2{,}0\ \text{cm}\)) pour observer un oiseau de 20 cm de haut, posé à 50 m. L'oiseau n'est donc plus exactement « à l'infini » : \(\overline{O_1A} = -50\ \text{m}\).
1. \(\dfrac{1}{\overline{O_1A_1}} = \dfrac{1}{0{,}500} - \dfrac{1}{50} = 2{,}00 - 0{,}02 = 1{,}98\ \text{m}^{-1}\), donc \(\overline{O_1A_1} \approx 0{,}505\ \text{m} = 50{,}5\ \text{cm}\) : légèrement au-delà de F′₁ (50,0 cm).
2. \(\gamma = \dfrac{\overline{O_1A_1}}{\overline{O_1A}} = \dfrac{0{,}505}{-50} \approx -1{,}0\times10^{-2}\), donc \(A_1B_1 \approx 1{,}0\times10^{-2}\times20\ \text{cm} = 2{,}0\ \text{mm}\) (renversée).
3. A₁B₁ doit être dans le plan focal objet de l'oculaire : \(O_1O_2 = 50{,}5 + 2{,}0 = 52{,}5\ \text{cm}\) au lieu de \(50{,}0 + 2{,}0 = 52{,}0\ \text{cm}\). Il faut allonger le tube d'environ 5 mm : c'est le rôle de la molette de mise au point.
La Station spatiale internationale (ISS) mesure environ 109 m d'envergure et orbite à \(h = 420\ \text{km}\) d'altitude, à la vitesse \(v = 7{,}66\ \text{km·s}^{-1}\). Un astronome amateur veut l'observer quand elle passe à la verticale, avec une lunette : \(f'_1 = 1000\ \text{mm}\), oculaire \(f'_2 = 10\ \text{mm}\), champ apparent de l'oculaire 50°. Pouvoir séparateur de l'œil : \(\varepsilon = 3{,}0\times10^{-4}\ \text{rad}\).
1. \(\alpha \approx \dfrac{109}{420\times10^{3}} \approx 2{,}6\times10^{-4}\ \text{rad} < \varepsilon\) : à l'œil nu l'ISS apparaît comme un point lumineux, sa forme n'est pas visible.
2. \(G = 1000/10 = 100\) ; \(\alpha' = 100\times2{,}6\times10^{-4} = 2{,}6\times10^{-2}\ \text{rad} \approx 1{,}5°\), bien supérieur à ε : on distingue la forme de la station (panneaux solaires).
3. Champ réel \(= 50°/100 = 0{,}50°\).
4. \(\omega \approx \dfrac{v}{h} = \dfrac{7{,}66}{420} \approx 1{,}8\times10^{-2}\ \text{rad·s}^{-1} \approx 1{,}0\ °/\text{s}\). Durée dans le champ : \(\Delta t \approx \dfrac{0{,}50}{1{,}0} \approx 0{,}5\ \text{s}\). L'ISS traverse le champ en une demi-seconde : il faut suivre son mouvement à la main (ou avec une monture motorisée), ce qui rend l'observation très difficile. Compromis : un oculaire de plus grande focale donne un grossissement plus faible mais un champ réel plus large.