10 exercices à difficulté croissante : spectrophotométrie, dilution, titrages pH-métrique et conductimétrique.
← Retour au coursUne solution colorée absorbe la lumière selon la loi de Beer-Lambert \(A=\varepsilon\times l\times C\), avec \(\varepsilon=1{,}2\times10^3\ \text{L}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{cm}^{-1}\), \(l=1{,}0\ \text{cm}\) (largeur de cuve), \(C=2{,}0\times10^{-4}\ \text{mol/L}\).
1. \(A\) est l'absorbance (sans unité), \(\varepsilon\) le coefficient d'absorption molaire (caractéristique de l'espèce et de la longueur d'onde), \(l\) la longueur du trajet optique dans la cuve, \(C\) la concentration molaire de l'espèce colorée.
2. \(A = 1{,}2\times10^3\times1{,}0\times2{,}0\times10^{-4} = 0{,}24\).
Une solution absorbe la lumière avec \(A=0{,}60\), \(\varepsilon=2{,}0\times10^3\ \text{L}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{cm}^{-1}\), \(l=1{,}0\ \text{cm}\).
1. \(A=\varepsilon lC \Rightarrow C = \dfrac{A}{\varepsilon l}\).
2. \(C = \dfrac{0{,}60}{2{,}0\times10^3\times1{,}0} = 3{,}0\times10^{-4}\ \text{mol/L}\).
Une droite d'étalonnage \(A=f(C)\) a pour équation \(A=2500\times C\) (avec \(C\) en mol/L). Une solution inconnue a une absorbance mesurée \(A=0{,}45\).
1. \(C = \dfrac{A}{2500}\).
2. \(C = \dfrac{0{,}45}{2500} = 1{,}8\times10^{-4}\ \text{mol/L}\).
On prépare une solution fille par dilution d'une solution mère de concentration \(C_{mere}=0{,}50\ \text{mol/L}\) : on prélève \(V_{mere}=5{,}0\ \text{mL}\) que l'on complète à \(V_{fille}=100{,}0\ \text{mL}\) avec de l'eau distillée.
1. \(C_{mere}\times V_{mere} = C_{fille}\times V_{fille}\) (la quantité de matière de soluté est conservée lors d'une dilution).
2. \(C_{fille} = \dfrac{C_{mere}\times V_{mere}}{V_{fille}} = \dfrac{0{,}50\times5{,}0}{100{,}0} = 0{,}025\ \text{mol/L}\). \(F = \dfrac{100{,}0}{5{,}0} = 20\).
On titre \(V_1=20{,}0\ \text{mL}\) d'une solution d'acide chlorhydrique de concentration inconnue \(C_1\) par une solution d'hydroxyde de sodium de concentration \(C_2=0{,}10\ \text{mol/L}\). L'équivalence est repérée pour un volume versé \(V_{2,eq}=14{,}5\ \text{mL}\). La réaction support du titrage est \(\text{H}_3\text{O}^++\text{HO}^- \rightarrow 2\,\text{H}_2\text{O}\) (stœchiométrie 1:1).
1. À l'équivalence, les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques : \(C_1V_1 = C_2V_{2,eq}\) (stœchiométrie 1:1).
2. \(C_1 = \dfrac{C_2V_{2,eq}}{V_1} = \dfrac{0{,}10\times14{,}5}{20{,}0} = 0{,}0725\ \text{mol/L}\).
Une solution ionique a une conductivité \(\sigma\) reliée à la concentration des ions présents par \(\sigma = \sum_i \lambda_i[\text{X}_i]\), où \(\lambda_i\) est la conductivité molaire ionique de chaque ion \(\text{X}_i\). Pour une solution de chlorure de sodium, \(\lambda(\text{Na}^+)=5{,}01\times10^{-3}\ \text{S}\cdot\text{m}^2\cdot\text{mol}^{-1}\), \(\lambda(\text{Cl}^-)=7{,}63\times10^{-3}\ \text{S}\cdot\text{m}^2\cdot\text{mol}^{-1}\), pour une concentration \(C=1{,}0\times10^{-2}\ \text{mol/L} = 10\ \text{mol/m}^3\).
1. \(\sigma = \lambda(\text{Na}^+)\times C + \lambda(\text{Cl}^-)\times C = \left[\lambda(\text{Na}^+)+\lambda(\text{Cl}^-)\right]\times C\).
2. \(\sigma = (5{,}01\times10^{-3}+7{,}63\times10^{-3})\times10 = 12{,}64\times10^{-3}\times10 = 0{,}1264\ \text{S/m}\).
Une espèce colorée absorbe la lumière avec un maximum d'absorption à \(\lambda_{max}=520\ \text{nm}\), correspondant à une couleur absorbée verte.
1. À \(\lambda_{max}\), l'absorbance est maximale pour une concentration donnée, donc la sensibilité de la mesure est optimale (une petite variation de concentration produit la plus grande variation d'absorbance possible) — ce qui minimise l'incertitude relative sur la concentration déterminée.
2. Le vert et le magenta (rouge-violet) sont des couleurs complémentaires sur le cercle chromatique : une solution qui absorbe le vert apparaît donc de couleur magenta/rose-violet à l'œil.
Lors d'un titrage conductimétrique d'un volume \(V_1=50{,}0\ \text{mL}\) d'acide éthanoïque par une solution d'hydroxyde de sodium \(C_2=0{,}20\ \text{mol/L}\), on observe sur la courbe \(\sigma(V_2)\) une rupture de pente (changement de comportement) pour \(V_{2,eq}=11{,}0\ \text{mL}\).
1. Avant l'équivalence, les ions \(\text{HO}^-\) ajoutés sont consommés par la réaction avec l'acide éthanoïque, remplacés par des ions éthanoate \(\text{CH}_3\text{COO}^-\) moins conducteurs : la conductivité croît lentement. Après l'équivalence, les ions \(\text{HO}^-\) ajoutés ne sont plus consommés (l'acide a été entièrement neutralisé) et s'accumulent en solution : comme \(\text{HO}^-\) est un ion très conducteur, la conductivité croît alors beaucoup plus rapidement, d'où la rupture de pente à l'équivalence.
2. \(C_1V_1 = C_2V_{2,eq} \Rightarrow C_1 = \dfrac{C_2V_{2,eq}}{V_1} = \dfrac{0{,}20\times11{,}0}{50{,}0} = 0{,}044\ \text{mol/L}\).
On souhaite déterminer la concentration d'une solution d'acide faible, soit par titrage pH-métrique (suivi du pH avec une électrode), soit par titrage colorimétrique (utilisation d'un indicateur coloré changeant de teinte à l'équivalence).
1. La zone de virage de l'indicateur coloré choisi doit encadrer le pH à l'équivalence du titrage, afin que le changement de couleur visible se produise le plus près possible du volume équivalent réel.
2. Le titrage pH-métrique fournit une courbe continue \(\text{pH}=f(V)\) permettant de repérer l'équivalence avec précision (méthode des tangentes ou de la dérivée), et donne en plus des informations supplémentaires (par exemple le \(\text{p}K_A\) du couple acide/base à la demi-équivalence), ce qu'un simple changement de couleur ne permet pas.
3. Le titrage colorimétrique est plus rapide et plus simple à mettre en œuvre (pas besoin d'appareil de mesure ni d'étalonnage d'électrode), ce qui le rend pratique pour des dosages de routine où une précision extrême n'est pas indispensable.
Un laboratoire doit déterminer la concentration en ions cuivre \(\text{Cu}^{2+}\) (espèce colorée bleue) d'une eau usée industrielle, sur une gamme de concentrations attendues très faibles, de l'ordre de \(10^{-5}\ \text{à}\ 10^{-4}\ \text{mol/L}\). Deux méthodes sont envisagées : la spectrophotométrie (loi de Beer-Lambert, très sensible aux faibles concentrations d'espèces colorées) et le titrage conductimétrique classique (généralement adapté à des concentrations de l'ordre de \(10^{-2}\) à \(10^{-1}\ \text{mol/L}\), moins précis en deçà).
1. Même pour une concentration \(C\) très faible, si le coefficient d'absorption molaire \(\varepsilon\) de l'espèce (ici \(\text{Cu}^{2+}\), coloré) est élevé, le produit \(\varepsilon\times l\times C\) peut rester suffisamment grand pour donner une absorbance mesurable avec précision : la spectrophotométrie est réputée pour sa très bonne sensibilité aux faibles concentrations d'espèces colorées, contrairement à d'autres méthodes.
2. Pour une concentration aussi faible que \(10^{-5}\ \text{mol/L}\), les quantités de matière à titrer seraient extrêmement petites, nécessitant soit des volumes de prise d'essai énormes, soit une solution titrante elle-même extrêmement diluée (difficile à préparer précisément) et des volumes équivalents à verser d'une burette avec une précision très fine, souvent en deçà de la résolution pratique d'une burette classique (précision typique de 0,05-0,1 mL) : l'incertitude relative sur le volume équivalent deviendrait alors rédhibitoire.
3. La spectrophotométrie est nettement plus adaptée à cette gamme de concentrations. Une étape préalable indispensable est l'établissement d'une droite d'étalonnage \(A=f(C)\), à partir de plusieurs solutions étalons de concentrations connues en \(\text{Cu}^{2+}\), couvrant la gamme attendue (\(10^{-5}\) à \(10^{-4}\ \text{mol/L}\)), permettant ensuite de déterminer la concentration inconnue de l'échantillon par simple mesure de son absorbance et report sur la droite d'étalonnage.