10 exercices à difficulté croissante : quotient de réaction, constante d'équilibre, produit de solubilité, effet d'ion commun.
← Retour au coursOn considère la réaction \(\text{N}_2\text{O}_4(g) \rightleftharpoons 2\,\text{NO}_2(g)\).
1. \(Q_r\) s'écrit comme le rapport des concentrations (ou pressions) des produits sur celles des réactifs, chacune élevée à la puissance de son coefficient stœchiométrique.
2. \(Q_r = \dfrac{[\text{NO}_2]^2}{[\text{N}_2\text{O}_4]}\).
Pour la réaction \(\text{CH}_3\text{COOH} + \text{H}_2\text{O} \rightleftharpoons \text{CH}_3\text{COO}^- + \text{H}_3\text{O}^+\), on mesure à un instant donné : \([\text{CH}_3\text{COOH}]=0{,}080\ \text{mol/L}\), \([\text{CH}_3\text{COO}^-]=4{,}0\times10^{-3}\ \text{mol/L}\), \([\text{H}_3\text{O}^+]=4{,}0\times10^{-3}\ \text{mol/L}\).
1. L'eau est le solvant, présente en très large excès : son activité est prise égale à 1 par convention, elle n'apparaît donc pas explicitement dans l'expression de \(Q_r\).
2. \(Q_r = \dfrac{[\text{CH}_3\text{COO}^-][\text{H}_3\text{O}^+]}{[\text{CH}_3\text{COOH}]} = \dfrac{4{,}0\times10^{-3}\times4{,}0\times10^{-3}}{0{,}080} = \dfrac{1{,}6\times10^{-5}}{0{,}080} = 2{,}0\times10^{-4}\).
Deux réactions ont pour constantes d'équilibre respectives \(K_1=2{,}5\times10^{8}\) et \(K_2=4{,}0\times10^{-9}\).
1. Si \(K \gg 1\), l'équilibre est très déplacé vers les produits : la réaction est considérée comme quasi totale. Si \(K \ll 1\), l'équilibre est très déplacé vers les réactifs : la réaction est très limitée (elle a lieu très peu).
2. \(K_1=2{,}5\times10^8 \gg 1\) : la réaction 1 est quasi totale.
\(K_2=4{,}0\times10^{-9} \ll 1\) : la réaction 2 est très limitée, elle n'avance quasiment pas dans le sens direct.
Pour une réaction donnée, la constante d'équilibre est \(K=1{,}0\times10^{-3}\). On calcule à un instant \(t\) : \(Q_r=5{,}0\times10^{-5}\).
1. Si \(Q_r < K\), le système évolue dans le sens direct (formation des produits). Si \(Q_r > K\), il évolue dans le sens indirect (formation des réactifs). Si \(Q_r = K\), le système est à l'équilibre.
2. Ici \(Q_r=5{,}0\times10^{-5} < K=1{,}0\times10^{-3}\) : le système évolue dans le sens direct, vers la formation de produits supplémentaires.
À l'équilibre, pour la réaction \(\text{H}_2(g) + \text{I}_2(g) \rightleftharpoons 2\,\text{HI}(g)\), on mesure les concentrations suivantes : \([\text{H}_2]_{eq}=0{,}020\ \text{mol/L}\), \([\text{I}_2]_{eq}=0{,}020\ \text{mol/L}\), \([\text{HI}]_{eq}=0{,}16\ \text{mol/L}\).
1. \(K = \dfrac{[\text{HI}]_{eq}^2}{[\text{H}_2]_{eq}[\text{I}_2]_{eq}}\).
2. \(K = \dfrac{0{,}16^2}{0{,}020\times0{,}020} = \dfrac{0{,}0256}{0{,}00040} = 64\).
On introduit \(n_0=0{,}50\ \text{mol}\) de \(\text{N}_2\text{O}_4\) pur dans un récipient de volume \(V=10\ \text{L}\), maintenu à température constante. À l'équilibre, il ne reste que \(n_{eq}=0{,}30\ \text{mol}\) de \(\text{N}_2\text{O}_4\). La réaction est \(\text{N}_2\text{O}_4(g) \rightleftharpoons 2\,\text{NO}_2(g)\).
1. \(n(\text{N}_2\text{O}_4) = n_0-x\). À l'équilibre : \(n_0-x_{eq}=n_{eq} \Rightarrow x_{eq}=n_0-n_{eq}=0{,}50-0{,}30=0{,}20\ \text{mol}\).
2. \([\text{N}_2\text{O}_4]_{eq} = \dfrac{0{,}30}{10} = 0{,}030\ \text{mol/L}\).
\(n(\text{NO}_2)_{eq} = 2x_{eq} = 0{,}40\ \text{mol}\), donc \([\text{NO}_2]_{eq} = \dfrac{0{,}40}{10} = 0{,}040\ \text{mol/L}\).
3. \(K = \dfrac{[\text{NO}_2]_{eq}^2}{[\text{N}_2\text{O}_4]_{eq}} = \dfrac{0{,}040^2}{0{,}030} = \dfrac{1{,}6\times10^{-3}}{0{,}030} \approx 5{,}33\times10^{-2}\).
On considère l'équilibre \(2\,\text{NO}_2(g) \rightleftharpoons \text{N}_2\text{O}_4(g)\), de constante \(K\), à l'équilibre dans un volume \(V_1\). On double brutalement le volume du récipient (dilution par 2), à température constante.
1. \(Q_r' = \dfrac{[\text{N}_2\text{O}_4]/2}{([\text{NO}_2]/2)^2} = \dfrac{[\text{N}_2\text{O}_4]/2}{[\text{NO}_2]^2/4} = 2\times\dfrac{[\text{N}_2\text{O}_4]}{[\text{NO}_2]^2} = 2K\) (car avant dilution, le rapport valait \(K\)).
2. \(Q_r'=2K>K\) : le système évolue dans le sens indirect, c'est-à-dire vers la formation de \(\text{NO}_2\) (davantage de moles de gaz), conformément à la loi de modération de Le Chatelier : une dilution favorise le sens qui produit le plus de moles de gaz.
Le chlorure d'argent se dissout selon l'équilibre \(\text{AgCl}(s) \rightleftharpoons \text{Ag}^+(aq) + \text{Cl}^-(aq)\), de constante \(K_s=1{,}8\times10^{-10}\) (produit de solubilité). On dissout du chlorure d'argent solide dans de l'eau pure jusqu'à saturation.
1. \(K_s = [\text{Ag}^+]_{eq}\times[\text{Cl}^-]_{eq}\).
2. D'après la stœchiométrie 1:1, \([\text{Ag}^+]=[\text{Cl}^-]=s\). Donc \(K_s = s\times s = s^2\).
3. \(s = \sqrt{K_s} = \sqrt{1{,}8\times10^{-10}} \approx 1{,}34\times10^{-5}\ \text{mol/L}\) — une solubilité très faible, ce qui explique que AgCl soit considéré comme quasiment insoluble.
On reprend l'équilibre \(\text{AgCl}(s) \rightleftharpoons \text{Ag}^+(aq) + \text{Cl}^-(aq)\), \(K_s=1{,}8\times10^{-10}\). On dissout cette fois du AgCl solide non pas dans l'eau pure, mais dans une solution de chlorure de sodium à \([\text{Cl}^-]_0=0{,}10\ \text{mol/L}\) (ion commun \(\text{Cl}^-\) déjà présent en solution).
1. \([\text{Ag}^+]_{eq}=s'\) (tout l'argent dissous provient de AgCl). \([\text{Cl}^-]_{eq} \approx [\text{Cl}^-]_0 = 0{,}10\ \text{mol/L}\) (l'apport supplémentaire \(s'\) est négligeable devant \(0{,}10\)).
2. \(K_s = s'\times0{,}10 \Rightarrow s' = \dfrac{K_s}{0{,}10} = \dfrac{1{,}8\times10^{-10}}{0{,}10} = 1{,}8\times10^{-9}\ \text{mol/L}\). Cette valeur est bien très inférieure à \(0{,}10\ \text{mol/L}\) : l'approximation est parfaitement justifiée.
3. \(s' \approx 1{,}8\times10^{-9}\ \text{mol/L} \ll s\approx1{,}34\times10^{-5}\ \text{mol/L}\) : la solubilité est réduite d'un facteur d'environ 7400 en présence de l'ion commun \(\text{Cl}^-\) — c'est l'effet d'ion commun, conforme à la loi de modération : ajouter un produit de l'équilibre déplace celui-ci dans le sens qui le consomme (ici, la précipitation de AgCl).
On étudie l'équilibre de dissociation du carbonate de calcium : \(\text{CaCO}_3(s) \rightleftharpoons \text{CaO}(s) + \text{CO}_2(g)\), de constante \(K=P_{\text{CO}_2,eq}/P^{\circ}\) (où \(P^{\circ}=1{,}0\ \text{bar}\) est la pression de référence), avec \(K=0{,}045\) à une température donnée.
1. Un solide pur possède une activité constante, conventionnellement égale à 1, indépendante de la quantité de solide présente (tant qu'il y en a) : c'est pourquoi les phases solides pures n'apparaissent pas dans l'expression du quotient de réaction ni de la constante d'équilibre.
2. \(K = \dfrac{P_{\text{CO}_2,eq}}{P^{\circ}} \Rightarrow P_{\text{CO}_2,eq} = K\times P^{\circ} = 0{,}045\times1{,}0 = 0{,}045\ \text{bar}\).
3. Comme \(K\) ne dépend que de la température (fixée ici) et ne fait intervenir aucune espèce solide, la valeur de \(P_{\text{CO}_2,eq}\) à l'équilibre est entièrement déterminée par \(K\), indépendamment des quantités de solides présentes ou du volume du récipient. Si le volume augmente, du \(\text{CaCO}_3\) supplémentaire se décompose (tant qu'il en reste) pour reformer la même pression de \(\text{CO}_2\) ; si le volume diminue, l'excès de \(\text{CO}_2\) reprécipite en \(\text{CaCO}_3\) — le système s'auto-ajuste tant que les deux solides coexistent, ce qui n'est possible que grâce à la présence de réserves de solide de part et d'autre de l'équilibre.