Relier forces et mouvement · Chute libre, condensateur plan, accélérateur linéaire · Aspects énergétiques
Le centre de masse G d'un système est le point où l'on peut considérer que toute la masse est concentrée. Il est situé « du côté des masses » : pour un marteau, G est proche de la tête métallique, pas au milieu du manche. La position étant donnée dans les exercices, il suffit de la justifier qualitativement par la répartition des masses.
Un référentiel galiléen est un référentiel dans lequel le principe d'inertie est vérifié : un système isolé ou pseudo-isolé y est immobile ou en mouvement rectiligne uniforme. En pratique : le référentiel terrestre est considéré galiléen pour des mouvements courts (quelques secondes à quelques minutes) ; le référentiel géocentrique pour les satellites ; le référentiel héliocentrique pour les planètes.
Deux usages au bac : (sens 1) forces connues → en déduire \(\vec{a} = \Sigma\vec{F}/m\) ; (sens 2) mouvement connu → en déduire \(\Sigma\vec{F} = m\vec{a}\). Cas particulier : équilibre (ou mouvement rectiligne uniforme) ⟺ \(\vec{a} = \vec{0}\) ⟺ \(\Sigma\vec{F} = \vec{0}\).
Q1. Une valise roule à vitesse constante en ligne droite sur un tapis. La somme des forces qui s'exercent sur elle est :
Q2. Un système de masse m = 2,0 kg subit une somme de forces de norme 6,0 N. La norme de son accélération vaut :
Q3. Le référentiel terrestre peut être considéré comme galiléen :
Avant d'établir les équations, observe le mouvement : un coup franc envoyé vers une cage de foot réglementaire (barre transversale à 2,44 m, largeur 7,32 m). Fais varier la vitesse initiale, l'angle et la position de tir, puis vérifie si tu marques.
Système : projectile de masse m, lancé avec \(\vec{v}_0\) (angle α au-dessus de l'horizontale) dans le champ de pesanteur uniforme \(\vec{g}\). Référentiel terrestre supposé galiléen. Seule force : le poids \(\vec{P} = m\vec{g}\) (frottements négligés). Repère (O, x, y) : origine au point de lancer, Ox horizontal dans le sens du mouvement, Oy vertical vers le haut.
Entre deux plaques parallèles séparées de d et soumises à une tension U, le champ électrique est uniforme, perpendiculaire aux plaques, dirigé de la plaque + vers la plaque −, de norme :
\(\displaystyle E = \frac{U}{d}\ \text{(V/m)}\)Une particule de charge q y subit la force \(\vec{F} = q\vec{E}\) (en négligeant le poids). Par la 2ᵉ loi de Newton : \(\vec{a} = \dfrac{q\vec{E}}{m}\) — un vecteur est toujours égal à un vecteur : \(\vec{a}\) est colinéaire à \(\vec{E}\), de même sens si q > 0, de sens opposé si q < 0. Sa norme vaut \(a = \dfrac{|q|\,U}{m\,d}\) — même structure mathématique que la chute libre (accélération constante) : trajectoire parabolique dans le champ.
Système : particule de charge q et de masse m, entrant en O avec \(\vec{v}_0\) horizontal (parallèle aux plaques), dans le champ \(\vec{E}\) du condensateur. Référentiel terrestre galiléen. Seule force : la force électrique \(\vec{F} = q\vec{E}\) (poids négligé). Repère (O, x, y) : Ox horizontal dans le sens de \(\vec{v}_0\), Oy vertical, orienté dans le sens de \(\vec{E}\).
\(\Delta E_c = E_c(B) - E_c(A) = \Sigma W(\vec{F})\) : la variation d'énergie cinétique entre deux points est égale à la somme des travaux des forces appliquées.
Si seules des forces conservatives travaillent (poids, force électrique) : Em = Ec + Ep = constante. Toute perte de Ep se retrouve en Ec, et réciproquement.
Un accélérateur linéaire (linac) enchaîne des tubes de glissement creux séparés par des intervalles. Dans chaque intervalle règne un champ électrique (tension alternative U de fréquence f) qui accélère la particule ; à l'intérieur des tubes, le champ est nul (cage de Faraday) et la vitesse est constante. À chaque intervalle traversé, la particule gagne l'énergie ΔEc = qU (travail de la force électrique).
Les tubes sont de plus en plus longs : la particule va de plus en plus vite mais doit toujours mettre exactement une demi-période T/2 = 1/(2f) à traverser chaque tube, pour ressortir quand le champ s'est inversé (synchronisation).
$E_c(n) = n\,q\,U \quad\Longrightarrow\quad v(n) = \sqrt{\dfrac{2\,n\,q\,U}{m}} \ \cdot\ L_n = v(n)\cdot\tfrac{T}{2}$Une balle de tennis (m = 58 g) est frappée au point O situé à h = 2,20 m du sol, avec une vitesse \(\vec{v}_0\) horizontale de norme v₀ = 126 km/h. Repère : origine O, axe x horizontal dans le sens du mouvement, axe y vertical ascendant. On néglige les frottements. Donnée : g = 9,81 m/s².
1. Montrer que \(\vec{a} = \vec{g}\) et donner ses coordonnées.
2. Établir les équations horaires x(t) et y(t).
3. Établir l'équation de la trajectoire y(x).
4. Le filet, situé à d = 12,2 m de O, a une hauteur H = 0,914 m. La balle passe-t-elle au-dessus du filet ?
Un électron (q = −e = −1,60×10⁻¹⁹ C ; m = 9,11×10⁻³¹ kg) pénètre au point O, à mi-distance des plaques d'un condensateur plan, avec une vitesse \(\vec{v}_0\) horizontale (v₀ = 2,0×10⁷ m/s). Plaques : longueur L = 4,0 cm, écartement d = 2,0 cm, tension U = 200 V, champ \(\vec{E}\) vertical vers le bas. On néglige le poids.
1. Montrer que le poids est négligeable devant la force électrique.
2. Établir les équations horaires et l'équation de la trajectoire.
3. Calculer la déviation verticale H à la sortie des plaques. L'électron sort-il du condensateur ?
4. Vérifier le résultat avec le théorème de l'énergie cinétique : calculer la vitesse de sortie.
Dans un accélérateur linéaire, des protons (m = 1,67×10⁻²⁷ kg ; q = +e) initialement au repos traversent N = 4 intervalles accélérateurs sous une tension U = 20 kV chacun, avec une tension alternative de fréquence f = 20 MHz.
1. Quelle énergie cinétique le proton gagne-t-il à chaque intervalle ? Quelle est son énergie finale ?
2. Calculer la vitesse du proton à la sortie du 1ᵉʳ et du 4ᵉ intervalle.
3. Pourquoi les tubes de glissement sont-ils de plus en plus longs ? Calculer la longueur du 4ᵉ tube.
Q4. Dans un champ de pesanteur uniforme (frottements négligés), l'accélération d'un projectile dépend :
Q5. Le champ électrique entre les plaques d'un condensateur plan (tension U, écartement d) a pour norme :
Q6. Un système en chute libre voit son énergie potentielle diminuer de 50 J. Son énergie cinétique :
Q7. Dans un accélérateur linéaire, doubler la fréquence f de la tension alternative (à U et N fixés) :
Q8. Une bille lancée verticalement vers le haut est au sommet de sa trajectoire. En ce point :
Les grands accélérateurs (CERN) commencent tous par un accélérateur linéaire, avant d'injecter les particules dans des anneaux. Au LHC, les protons atteignent 99,9999991 % de la vitesse de la lumière — à ces vitesses, la mécanique de Newton ne suffit plus : il faut la relativité restreinte (la masse « effective » augmente, ce qui limite l'efficacité de l'accélération).
Les accélérateurs linéaires d'électrons sont l'outil principal de la radiothérapie : les électrons accélérés (ou les rayons X qu'ils produisent) détruisent les cellules cancéreuses. Le principe physique est exactement celui de ce chapitre : gain d'énergie qU par étage.
Le programme néglige les frottements, mais avec la méthode d'Euler (quelques lignes de Python), tu peux ajouter une force de frottement \(\vec{f} = -k\vec{v}\) et voir la trajectoire s'écarter de la parabole idéale — la portée diminue et la trajectoire devient dissymétrique, comme un vrai ballon de football.
En équilibrant le poids de gouttelettes d'huile chargées par la force électrique d'un condensateur plan (\(\Sigma\vec{F} = \vec{0}\) !), Robert Millikan a mesuré la charge élémentaire e. Tout ce chapitre — équilibre, condensateur, force électrique — est réuni dans cette expérience, prix Nobel 1923.
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