Seconde · Physique-Chimie · Constitution et transformations de la matière

Chapitre 1 — Constitution de la matière de l'échelle macroscopique à l'échelle microscopique

Corps purs et mélanges · Solutions aqueuses · Structure de l'atome · Ions et molécules · La mole — avec une activité documentaire sur l'histoire de l'atome, quiz, exercices corrigés et regards de l'expert

1. Corps purs et mélanges au quotidien
🎯 Objectif : identifier une espèce chimique et distinguer corps pur et mélange

Une espèce chimique est une entité (atome, ion ou molécule) ou un ensemble d'entités identiques, définie par sa formule et ses propriétés. Un corps pur ne contient qu'une seule espèce chimique ; un mélange en contient plusieurs. Un mélange est dit homogène s'il ne présente qu'une seule phase visible à l'œil nu (comme l'eau salée), hétérogène s'il en présente plusieurs (comme l'eau et l'huile).

🎬 Animation — du macroscopique au microscopique

Choisis un échantillon et observe-le à deux échelles : à l'œil nu (à gauche) et à l'échelle des entités qui le constituent (à droite, très fortement agrandie). Chaque disque ou groupe de disques représente une entité chimique.

À l'œil nu
À l'échelle microscopique

Le vocabulaire précis : ce que « pur » veut vraiment dire

Dans le langage courant, « pur » veut dire « naturel » ou « sans additif ». En chimie, le mot est bien plus strict : un corps pur ne contient qu'une seule espèce chimique. On distingue le corps pur simple (un seul élément : O₂, Fe, Cu) et le corps pur composé (plusieurs éléments liés : H₂O, CO₂, NaCl). Un « jus 100 % pur jus » est donc… un mélange.

SystèmeClassementJustification
Eau distilléecorps pur composéune seule espèce chimique : H₂O
Dioxygènecorps pur simpleune seule espèce, un seul élément : O₂
Or 24 caratscorps pur simple (à 99,9 % près)presque uniquement des atomes d'or
Or 18 caratsmélange homogène (alliage)or, argent et cuivre ; 75 % d'or en masse
Eau minéralemélange homogèneeau et ions dissous (Ca²⁺, Mg²⁺, HCO₃⁻…)
Airmélange homogèneN₂, O₂, Ar, CO₂… dans une seule phase gazeuse
Laitmélange hétérogènegouttelettes de graisse visibles au microscope
L'échelle change tout. À l'œil nu, le lait paraît homogène ; au microscope, on voit des gouttes de graisse dispersées dans l'eau : il est hétérogène. Classer un mélange, c'est toujours préciser à quelle échelle on l'observe — c'est tout l'enjeu de ce chapitre, du macroscopique au microscopique.

Identifier une espèce chimique

On identifie une espèce chimique en comparant ses grandeurs physiques caractéristiques (température de fusion, température d'ébullition, masse volumique) à des valeurs de référence, ou à l'aide de tests chimiques.

Espèce recherchéeTest caractéristique
EauLe sulfate de cuivre anhydre, blanc, devient bleu au contact de l'eau.
DihydrogèneUne flamme approchée produit une détonation (le test « aboie »).
DioxygèneUne bûchette incandescente se ravive.
Dioxyde de carboneLe gaz trouble l'eau de chaux.

La masse volumique de l'eau liquide vaut ρeau ≈ 1,00×10³ kg/m³ (soit 1,00 g/mL) — une valeur de référence à connaître, à laquelle on compare celle d'autres corps purs ou mélanges.

Grandeurs caractéristiques : la carte d'identité d'une espèce

Chaque corps pur possède des grandeurs physiques qui lui sont propres, dans des conditions données de pression et de température. La masse volumique ρ s'exprime en g/mL, mais aussi en kg/L, g/cm³ ou kg/m³ : 1 g/mL = 1 kg/L = 1 g/cm³ = 1 000 kg/m³. La densité d compare la masse volumique à celle de l'eau : c'est un nombre sans unité.

\(\displaystyle \rho = \frac{m}{V} \qquad\qquad d = \frac{\rho}{\rho_{eau}}\)
EspèceT de fusion (°C)T d'ébullition (°C)ρ à 20 °C (g/mL)
Eau01001,00
Éthanol−114780,79
Acétone−95560,78
Cyclohexane6,5810,78
Glycérol182901,26
Mercure−3935713,5
⚠️ Une seule grandeur ne suffit pas
L'éthanol, l'acétone et le cyclohexane ont des masses volumiques presque identiques (≈ 0,78 à 0,79 g/mL) : il faut croiser plusieurs grandeurs (ρ, température d'ébullition…). La masse volumique dépend aussi de l'état physique : la glace (0,92 g/mL) flotte sur l'eau liquide (1,00 g/mL).
Distinguer corps pur et mélange à partir de mesures : un corps pur fond (ou bout) à une température constante et précise ; un mélange fond en général sur une plage de températures. C'est un critère expérimental direct.
🎬 Animation — identifier un échantillon inconnu

Chaque tube contient une espèce chimique incolore. Choisis un tube, lance un test et observe : le tableau garde la trace de tes résultats.

A
Choisis un tube, puis lance un test.
🧪 CuSO₄🔥 Flamme🪵 Bûchette💧 Chaux
Tube A––––
Tube B––––
Tube C––––

La chromatographie sur couche mince (CCM)

La CCM sépare les espèces d'un mélange et permet de les identifier. On dépose de petites gouttes sur la ligne de dépôt d'une plaque recouverte de silice (la phase fixe). Le bas de la plaque trempe dans un éluant (la phase mobile) qui monte par capillarité en entraînant les espèces : chacune migre plus ou moins loin selon son affinité pour la silice et pour l'éluant. On révèle ensuite les taches (lampe UV, révélateur).

Lire un chromatogramme
front de l'éluantligne de dépôtABMDd

A et B : espèces de référence ; M : mélange à analyser. Ici D = 7,5 cm et, pour la tache de B, d = 5,6 cm.

Le rapport frontal est caractéristique d'une espèce (pour un éluant et une plaque donnés) :

\(\displaystyle R_f = \frac{d}{D}\)

avec d la distance parcourue par la tache et D celle parcourue par l'éluant (0 ≤ Rf ≤ 1, sans unité). Pour B : Rf = 5,6 / 7,5 ≈ 0,75.

📋 Méthode — exploiter un chromatogramme
  1. Une tache = une espèce : k taches signalent au moins k espèces, donc un mélange.
  2. Deux taches à la même hauteur (même Rf), avec le même éluant et la même plaque : même espèce probable.
  3. Une tache unique ne prouve pas la pureté : deux espèces peuvent migrer ensemble. On confirme avec un second éluant.

Ici, M contient A (même Rf = 0,50), B (Rf = 0,75) et une troisième espèce non identifiée (Rf = 0,25) : c'est un mélange d'au moins trois espèces.

Séparer les constituants d'un mélange

Identifier, c'est bien ; séparer, c'est souvent nécessaire. Chaque technique exploite une propriété différente des constituants.

TechniquePrincipePropriété exploitéeExemple
Décantationon laisse reposer, les phases se superposentmasse volumiquehuile et eau (ampoule à décanter)
Filtrationle solide reste sur le filtretaille des particulessable et eau
Évaporationon élimine le solvanttempérature d'ébullitionsel des marais salants
Distillationvaporisation puis condensationtempératures d'ébullition différenteseau distillée, alcool
Centrifugationla rotation accélère la sédimentationmasse volumiqueplasma et globules du sang
Chromatographiemigration dans un éluantaffinité pour la phase fixecolorants d'un bonbon
📜 Repère historique — Lavoisier et les « substances simples »

En 1789, dans son Traité élémentaire de chimie, Lavoisier dresse une liste de 33 « substances simples ». Elle contient des erreurs : la lumière et le calorique n'en sont pas, et la chaux ou la magnésie sont en réalité des composés. La science procède ainsi : elle propose un modèle, le teste, puis le corrige.

🔍 Le point de vue de l’expert
Ce que je lis dans les copies
  • « Le test au sulfate de cuivre est positif, donc c'est de l'eau pure. » → il prouve la présence d'eau, pas la pureté.
  • « Homogène, donc pur. » → l'eau salée est homogène et c'est un mélange.
  • Une identification appuyée sur une seule grandeur (la masse volumique de l'éthanol ressemble à celle de l'acétone).
  • Une masse volumique donnée sans unité, ou en kg/m³ alors que la table est en g/mL.
Le bon réflexe

Croiser au moins deux grandeurs, puis écrire la conclusion avec ses limites : « très probablement de l'éthanol ».

Question pour la classe. Le lait est-il homogène ou hétérogène ?
Cela dépend de l'échelle d'observation : homogène à l'œil nu, hétérogène au microscope (gouttelettes de graisse). Toute la partie « macroscopique → microscopique » tient dans cet exemple.
— l’expert

Exercices d'application directe

Cherche d'abord seul, puis clique pour vérifier ta réponse.

Exercice 1 — Identifier une espèce par ses propriétés

Un liquide incolore a une masse volumique de 1,00×10³ kg/m³ et se solidifie à exactement 0 °C. De quelle espèce s'agit-il probablement ? Est-ce un corps pur ou un mélange ? Justifier.

1
La masse volumique correspond à celle de l'eau ; la solidification a lieu à température fixe et précise (0 °C, valeur de référence de l'eau).
Il s'agit très probablement d'eau pure — un corps pur, car sa température de changement d'état est constante et précise, pas étalée sur une plage.
Exercice 2 — Choisir un test chimique

On recueille un gaz incolore lors d'une réaction. On souhaite vérifier s'il s'agit de dioxyde de carbone. Quel test réaliser, et quelle observation confirmerait cette hypothèse ?

On fait barboter le gaz dans de l'eau de chaux : si elle se trouble (devient laiteuse), le gaz est bien du dioxyde de carbone.
🏋️ Entraînement — 10 exercices supplémentaires, corrigés
Exercice 3 — Corps pur ou mélange ?

Classer chacun des systèmes suivants : corps pur, mélange homogène ou mélange hétérogène.
a) eau distillée ; b) eau salée ; c) vinaigrette (huile et vinaigre) ; d) air ; e) granite ; f) fer pur.

1
a) corps pur (une seule espèce chimique : l’eau) ; b) mélange homogène (une seule phase, plusieurs espèces : eau et sel dissous) ; c) mélange hétérogène (deux phases visibles).
2
d) mélange homogène (diazote, dioxygène… dans une seule phase gazeuse) ; e) mélange hétérogène (cristaux de natures différentes visibles à l’œil nu) ; f) corps pur (fer).
Exercice 4 — Identifier un liquide par sa masse volumique

Un liquide incolore occupe un volume V = 50,0 mL et a pour masse m = 39,5 g.

Liquideeauéthanolglycérolhuile d’olive
ρ (g/mL)1,000,791,260,91

1) Calculer sa masse volumique. 2) Identifier le liquide.

1
ρ = m / V = 39,5 / 50,0 = 0,79 g/mL.
2
Cette valeur correspond à celle de l’éthanol.
Le liquide est très probablement de l’éthanol.
Exercice 5 — Identifier un métal

Un cube métallique d’arête a = 2,00 cm a pour masse m = 21,6 g. Masses volumiques (g/cm³) : aluminium 2,70 ; fer 7,87 ; cuivre 8,96 ; plomb 11,3.
1) Calculer le volume du cube. 2) En déduire sa masse volumique. 3) Identifier le métal.

1
V = a³ = 2,00³ = 8,00 cm³.
2
ρ = m / V = 21,6 / 8,00 = 2,70 g/cm³.
Le cube est en aluminium.
Exercice 6 — Quel gaz ?

On fait réagir de la poudre de zinc avec de l’acide chlorhydrique et on recueille le gaz formé dans un tube à essais.
1) On approche une flamme de l’ouverture du tube : on entend une petite détonation. Quel est ce gaz ?
2) Un autre gaz, barboté dans de l’eau de chaux, la trouble. De quel gaz s’agit-il ?
3) Quel test permet de reconnaître le dioxygène ?

1
La détonation (« pop ») en présence d’une flamme caractérise le dihydrogène.
2
L’eau de chaux qui se trouble caractérise le dioxyde de carbone.
3
On plonge une bûchette incandescente dans le gaz : elle se ravive (elle se rallume) en présence de dioxygène.
Exercice 7 — Une solidification révélatrice

On refroidit deux échantillons d’eau liquide, X et Y, en relevant leur température. X se solidifie à la température constante de 0 °C. Pour Y, la solidification commence à −4 °C et la température continue de baisser pendant qu’elle a lieu.
Lequel est un corps pur ? Que peut-on dire de Y ?

1
Un corps pur change d’état à une température constante et précise : c’est le cas de X (0 °C est la valeur de l’eau pure).
2
Y change d’état sur une plage de températures, en dessous de 0 °C : c’est un mélange (par exemple de l’eau contenant du sel dissous).
X : corps pur ; Y : mélange.
Exercice 8 — Température d’ébullition

Températures d’ébullition sous 1 bar : eau 100 °C ; éthanol 78 °C ; acétone 56 °C ; cyclohexane 81 °C.
1) Un liquide bout à la température constante de 56 °C. Quel est-il ?
2) Un autre liquide commence à bouillir à 82 °C mais sa température monte jusqu’à 96 °C pendant l’ébullition. Est-il pur ?

1
Température d’ébullition constante de 56 °C : c’est de l’acétone (corps pur).
2
La température n’est pas constante pendant l’ébullition : ce n’est pas un corps pur, c’est un mélange.
Exercice 9 — Lire un chromatogramme

Lors d’une chromatographie sur couche mince, le front du solvant a migré de 9,0 cm. Le colorant A de référence a migré de 3,6 cm, le colorant B de 5,4 cm. L’échantillon inconnu E présente deux taches, à 3,6 cm et à 7,2 cm.
1) Calculer le rapport frontal Rf = d / D de A et de B. 2) Que contient E ? Est-ce un corps pur ?

1
Rf(A) = 3,6 / 9,0 = 0,40 ; Rf(B) = 5,4 / 9,0 = 0,60.
2
La première tache de E (3,6 cm, Rf = 0,40) correspond à A. La seconde (7,2 cm, Rf = 0,80) ne correspond ni à A ni à B : E ne contient pas B et renferme une espèce non identifiée.
E est un mélange (au moins deux espèces), contenant A.
Exercice 10 — Un test qui ne prouve pas tout

On verse quelques gouttes d’un liquide incolore sur du sulfate de cuivre anhydre : la poudre blanche devient bleue. Peut-on affirmer que ce liquide est de l’eau pure ? Justifier, puis proposer une mesure pour trancher.

1
Non. Le test montre seulement que le liquide contient de l’eau : ce peut être un mélange (eau salée, alcool à 90 %…).
2
On peut mesurer sa masse volumique (1,00 g/mL pour l’eau pure) ou sa température d’ébullition (100 °C, constante, pour l’eau pure).
Exercice 11 — Étiquette d’une eau minérale

L’étiquette d’une eau minérale indique : calcium 78 mg/L ; magnésium 24 mg/L ; sodium 5,0 mg/L ; hydrogénocarbonates 357 mg/L.
1) Cette eau est-elle un corps pur ? 2) Comment obtenir de l’eau presque pure à partir de celle-ci ? 3) Quelle masse de calcium contient une bouteille de 1,5 L ?

1
Non : plusieurs espèces sont dissoutes dans une seule phase, c’est un mélange homogène.
2
Par distillation : on vaporise l’eau puis on la condense, les espèces dissoutes restent dans le ballon.
3
m = 78 × 1,5 = 117 mg de calcium.
Exercice 12 — Eau pure ou eau salée ?

Un flacon non étiqueté contient un liquide incolore de masse volumique 1,03 g/mL qui se solidifie à −2 °C. Pour l’eau pure : 1,00 g/mL et 0 °C.
1) Ce liquide est-il de l’eau pure ? 2) Que peut-il contenir ?

1
Non : ses grandeurs caractéristiques (masse volumique, température de solidification) sont différentes de celles de l’eau pure.
2
C’est un mélange homogène : de l’eau contenant une espèce dissoute (par exemple du sel). Une eau salée est plus dense et se solidifie en dessous de 0 °C.
2. Composition d'un mélange
🎯 Objectif : déterminer la composition massique ou volumique d'un mélange

La composition d'un mélange peut s'exprimer en pourcentage massique (rapport de la masse d'un constituant à la masse totale) ou en pourcentage volumique (rapport de son volume au volume total) :

\(\displaystyle \%_{massique} = \frac{m_{constituant}}{m_{totale}}\times100 \qquad\qquad \%_{volumique} = \frac{V_{constituant}}{V_{totale}}\times100\)
Composition de l'air : en volume, l'air est composé d'environ 78 % de diazote N₂ et 21 % de dioxygène O₂ (le reste étant des gaz plus rares). Sa masse volumique est de l'ordre de 1,2 kg/m³ dans les conditions usuelles.
📋 Méthode — calculer une composition massique
  1. Identifier la masse du constituant étudié et la masse totale du mélange.
  2. Calculer le rapport, puis convertir en pourcentage (×100).
  3. Vérifier que la somme des pourcentages de tous les constituants fait bien 100 %.
Exemple résolu

Un alliage de masse totale 250 g contient 60 g de cuivre. Calculer le pourcentage massique de cuivre.

\(\%_{Cu} = \dfrac{60}{250}\times100 = 24\ \%\)

Masses et volumes : ce qui s'additionne, ce qui ne s'additionne pas

La masse se conserve toujours : mtotale = m₁ + m₂ + … Les volumes, eux, ne s'additionnent pas toujours : 50 mL d'eau et 50 mL d'éthanol ne donnent qu'environ 96 mL de mélange, car les molécules s'organisent de façon plus compacte. Deux gaz qui se mélangent à même pression et même température, en revanche, voient leurs volumes s'additionner (à peu près).

Exemple : deux pourcentages, deux réponses

On prépare un mélange « moitié-moitié en volume » : 50,0 mL d'eau (50,0 g) et 50,0 mL d'éthanol (ρ = 0,79 g/mL, donc 39,5 g). Le pourcentage massique d'éthanol vaut \(\dfrac{39{,}5}{50{,}0+39{,}5}\times100\approx44\ \%\), et non 50 %. Pourcentage massique et pourcentage volumique ne sont pas interchangeables.

L'air, un mélange de gaz bien connu

ConstituantFormuleProportion en volume (air sec)
DiazoteN₂78,08 %
DioxygèneO₂20,95 %
ArgonAr0,93 %
Dioxyde de carboneCO₂≈ 0,04 %
Autres (néon, hélium, méthane…)—traces

Dans le cours, on arrondit à 78 % et 21 %. La vapeur d'eau, qui varie de 0 à 4 % selon le lieu et le temps, n'est pas comptée dans l'air « sec ». Pour les très faibles teneurs, on utilise les ppm (parties par million) : 1 ppm = 10⁻⁶, donc 1 % = 10 000 ppm et 0,04 % ≈ 420 ppm de CO₂.

Les alliages : des mélanges solides

AlliageComposition typique (en masse)Usage
Laiton≈ 2/3 de cuivre, 1/3 de zincrobinetterie, instruments de musique
Bronze≈ 88 % de cuivre, 12 % d'étaincloches, statues
Acierfer et moins de 2 % de carboneconstruction, outils
Argent 92592,5 % d'argentbijoux, couverts
Or 18 carats75 % d'orbijoux
📜 Repère historique — Lavoisier et l'air

Dans les années 1770, Lavoisier montre que l'air n'est pas un corps simple mais un mélange, dont environ un cinquième est « respirable » (le dioxygène) et le reste impropre à la respiration (surtout le diazote). Il a mis fin à l'idée, vieille de plus de deux mille ans, que l'air était un élément.

🔍 Le point de vue de l’expert
Ce que je lis dans les copies
  • Le pourcentage est calculé avec la masse du constituant divisée par elle-même, ou divisée par la masse de l'autre constituant au lieu de la masse totale.
  • Deux volumes de liquides additionnés sans réfléchir : 100 mL + 100 mL = 200 mL (pas toujours vrai).
  • Des pourcentages dont la somme ne fait pas 100 % — et que personne n'a vérifiée.
  • Le symbole % oublié, ou un rapport donné sans avoir multiplié par 100.
Le bon réflexe

Vérifier, en cinq secondes, que la somme des pourcentages vaut 100 % : c'est la meilleure auto-correction du chapitre.

Question pour la classe. On verse 100 mL d'eau sur 100 mL d'éthanol : obtient-on 200 mL ?
Non, un peu moins : environ 193 mL. Les masses s'additionnent toujours (100 g + 79 g = 179 g), pas les volumes.
— l’expert

Exercices d'application directe

Exercice 1 — Composition massique

Une solution de masse 500 g contient 15 g de sel dissous. Calculer le pourcentage massique de sel.

\(\% = 15/500\times100\)
3,0 %
Exercice 2 — Retrouver une masse

Un fromage de 400 g contient 45 % de matière grasse en masse. Calculer la masse de matière grasse qu'il contient.

\(m = \%\times m_{totale} = 0{,}45\times400\)
m = 180 g
🏋️ Entraînement — 10 exercices supplémentaires, corrigés
Exercice 3 — Composition d’un alliage

Le laiton est un alliage de cuivre et de zinc. Un objet en laiton de masse 350 g contient 231 g de cuivre.
1) Calculer le pourcentage massique de cuivre. 2) En déduire la masse et le pourcentage massique de zinc.

1
\(\%_{Cu} = \dfrac{231}{350}\times100 = 66\ \%\)
2
mZn = 350 − 231 = 119 g, soit 100 − 66 = 34 %.
66 % de cuivre, 34 % de zinc.
Exercice 4 — L’air d’une salle de classe

Une salle de classe a un volume de 45 m³. L’air contient, en volume, 21 % de dioxygène et 78 % de diazote. Calculer les volumes de dioxygène et de diazote contenus dans la salle.

1
\(V_{O_2} = 0{,}21\times45 = 9{,}45\ \text{m}^3\)
2
\(V_{N_2} = 0{,}78\times45 = 35{,}1\ \text{m}^3\)
≈ 9,5 m³ de dioxygène et 35 m³ de diazote (le reste, 1 %, est constitué de gaz plus rares).
Exercice 5 — Or 18 carats

L’or 18 carats est un alliage contenant 75 % d’or en masse. 1) Quelle masse d’or contient une bague de 8,0 g ? 2) Quelle masse d’alliage faut-il pour contenir 9,0 g d’or ?

1
mor = 0,75 × 8,0 = 6,0 g.
2
\(m_{totale} = \dfrac{9{,}0}{0{,}75} = 12\ \text{g}\)
Exercice 6 — Le degré d’un vin

L’étiquette d’une bouteille de vin de 75 cL indique « 12,5 % vol. » (pourcentage volumique d’éthanol). Masse volumique de l’éthanol : 0,79 g/mL.
1) Calculer le volume d’éthanol pur. 2) En déduire sa masse.

1
Vtotale = 75 cL = 750 mL ; Véthanol = 0,125 × 750 ≈ 94 mL.
2
m = ρ × V = 0,79 × 94 ≈ 74 g d’éthanol.
Exercice 7 — Retrouver la masse totale

Un bonbon contient 12 g de sucre, ce qui représente 60 % de sa masse. Calculer la masse totale du bonbon.

1
\(m_{totale} = \dfrac{m_{sucre}}{\%} = \dfrac{12}{0{,}60} = 20\ \text{g}\)
Le bonbon pèse 20 g.
Exercice 8 — Un mortier à trois constituants

Un mortier est préparé avec 240 g de sable, 60 g de ciment et 40 g d’eau. Calculer le pourcentage massique de chaque constituant et vérifier que leur somme fait 100 %.

1
mtotale = 240 + 60 + 40 = 340 g.
2
Sable : 240/340 ≈ 70,6 % ; ciment : 60/340 ≈ 17,6 % ; eau : 40/340 ≈ 11,8 %.
70,6 + 17,6 + 11,8 = 100,0 % ✓
Exercice 9 — Masse d’air d’une pièce

Une pièce mesure 8,0 m × 6,0 m × 3,0 m. La masse volumique de l’air est d’environ 1,2 kg/m³.
1) Calculer le volume de la pièce. 2) En déduire la masse d’air qu’elle contient. 3) Quel volume de dioxygène (21 % en volume) cela représente-t-il ?

1
V = 8,0 × 6,0 × 3,0 = 144 m³.
2
m = ρ × V = 1,2 × 144 ≈ 1,7×10² kg.
3
VO₂ = 0,21 × 144 ≈ 30 m³.
Exercice 10 — Eau et éthanol

On mélange 150 mL d’eau et 50 mL d’éthanol (on suppose les volumes additifs).
1) Calculer le pourcentage volumique d’éthanol. 2) Quel volume d’éthanol faut-il pour préparer 500 mL d’un mélange à 40 % en volume ?

1
Vtotale = 200 mL ; % = 50 / 200 × 100 = 25 %.
2
Véthanol = 0,40 × 500 = 200 mL.
Exercice 11 — Étiquette nutritionnelle

Pour 100 g de pâte à tartiner, l’étiquette indique : sucres 56 g ; matières grasses 31 g ; protéines 6 g ; le reste est constitué d’autres composants.
1) Quel est le pourcentage massique des « autres » composants ? 2) Quelle masse de sucre contient un pot de 350 g ?

1
100 − 56 − 31 − 6 = 7 g pour 100 g, soit 7 %.
2
msucre = 0,56 × 350 = 196 g.
Exercice 12 — Respirer : que devient l’air ?

À chaque respiration, on inspire environ 500 mL d’air (21 % de dioxygène en volume) et on expire environ 500 mL d’un air contenant 16 % de dioxygène et 4 % de dioxyde de carbone en volume. Calculer :
1) le volume de dioxygène inspiré ; 2) le volume de dioxygène expiré ; 3) le volume de dioxygène consommé ; 4) le volume de dioxyde de carbone rejeté.

1
0,21 × 500 = 105 mL.
2
0,16 × 500 = 80 mL.
3
105 − 80 = 25 mL consommés.
4
0,04 × 500 = 20 mL rejetés.
3. Les solutions aqueuses
🎯 Objectif : déterminer une concentration en masse, exploiter un dosage par étalonnage

Une solution aqueuse est un mélange homogène obtenu en dissolvant une espèce chimique, le soluté, dans l'eau, le solvant. La concentration en masse cm du soluté est la masse de soluté dissoute par litre de solution :

\(\displaystyle c_m = \frac{m_{soluté}}{V_{solution}}\)

avec msoluté en grammes, Vsolution en litres, cm en g/L.

⚠️ Piège classique
Ne pas confondre la masse volumique d'un échantillon (masse totale de l'échantillon divisée par son volume) avec la concentration en masse d'un soluté (masse du soluté seul divisée par le volume de la solution) : ce sont deux grandeurs différentes, même si elles se calculent de façon similaire.

Pour une masse donnée de solvant, il existe une masse maximale de soluté que l'on peut dissoudre : la concentration maximale (ou solubilité). Au-delà, le soluté en excès ne se dissout plus et forme un dépôt.

Dissoudre, c'est disperser : la vue microscopique

Quand on dissout du sel de cuisine dans l'eau, le cristal disparaît à l'œil nu : la solution paraît limpide et homogène. À l'échelle microscopique, les molécules d'eau attirent les ions du cristal, les arrachent un à un et les entourent : les ions Na⁺ et Cl⁻ se dispersent parmi les molécules d'eau. Le sel n'a pas disparu, il est dispersé — et sa masse se retrouve dans la solution.

🎬 Animation — dissolution d'un cristal de sel

Lance la dissolution et observe comment les molécules d'eau s'orientent autour des ions : l'oxygène de l'eau vers les ions positifs, les hydrogènes vers les ions négatifs.

Pour un solide moléculaire comme le sucre, ce sont les molécules entières qui se dispersent, sans être détruites. On peut le vérifier : une solution de sel conduit le courant électrique (des ions mobiles transportent la charge), pas une solution de sucre.

Solubilité et saturation

La quantité de soluté que peut dissoudre un volume donné de solvant est limitée. Quand la limite est atteinte, la solution est saturée : tout soluté ajouté ensuite reste solide au fond du récipient. La solubilité dépend de l'espèce, du solvant et de la température (le sucre se dissout bien mieux dans un thé chaud que dans un thé glacé).

EspèceSolubilité dans l'eau à 20 °C (ordre de grandeur)Lecture
Chlorure de sodium (sel)≈ 3,6×10² g par litre d'eautrès soluble
Saccharose (sucre)≈ 2×10³ g par litre d'eauextrêmement soluble
Carbonate de calcium (calcaire)≈ 1×10⁻² g par litre d'eauquasi insoluble

Préparer une solution par dissolution

Pour obtenir une solution de concentration en masse connue, on dissout une masse précise de soluté dans une fiole jaugée. Exemple ci-dessous : préparer V = 100,0 mL de solution de sulfate de cuivre de concentration cₘ = 20 g/L.

1
cₘ = 20 g/LV = 0,100 Lm = cₘ × Vm = 20 × 0,100m = 2,0 g
Calculer la masse à peser

m = cₘ × V. Pour 100,0 mL à 20 g/L : m = 2,0 g.

2
2,00 g
Peser le soluté

Poser la coupelle sur la balance, tarer, puis ajouter le soluté à la spatule jusqu’à lire m.

3
Introduire dans la fiole jaugée

À l’aide d’un entonnoir. Rincer la coupelle et l’entonnoir à l’eau distillée.

4
2/3
Dissoudre

Remplir aux deux tiers avec de l’eau distillée, boucher et agiter jusqu’à dissolution complète.

5
Ajuster au trait de jauge

Compléter goutte à goutte : le bas du ménisque doit affleurer le trait de jauge.

6
× 10
Homogénéiser

Reboucher et retourner la fiole plusieurs fois : la concentration est la même partout.

À retenir : le volume V de la solution est celui de la fiole jaugée (ici 100,0 mL), et non le volume d'eau versé : on complète toujours avec de l'eau distillée jusqu'au trait de jauge.

Matériel : balance, coupelle, spatule, entonnoir, fiole jaugée, pissette d'eau distillée, compte-gouttes. Protections : blouse et lunettes.

La verrerie du chimiste : choisir selon la précision

MatérielUsagePrécision (ordre de grandeur, pour 100 mL)
Bécherstocker, agiter, chauffergraduations indicatives (± 10 %) : on ne mesure jamais avec
Éprouvette graduéemesurer un volume approximatif± 1 mL (≈ 1 %)
Fiole jaugéepréparer une solution de volume exact± 0,1 mL (≈ 0,1 %) : un seul volume, au trait de jauge
Pipette jaugéeprélever un volume précis± 0,02 mL pour 10 mL (≈ 0,2 %)
Balancemesurer une masse± 0,01 g selon le modèle

Plus un instrument est précis, moins il est polyvalent : la fiole jaugée ne mesure qu'un seul volume, mais elle le mesure bien.

Le dosage par étalonnage

Pour déterminer la concentration inconnue d'une solution colorée, on prépare une gamme de solutions étalons de concentrations connues, on mesure pour chacune une grandeur physique liée à la concentration (teinte, absorbance, masse volumique...), puis on trace une courbe d'étalonnage. La concentration inconnue s'obtient par lecture graphique, en reportant la grandeur mesurée sur cette courbe.

🎮 Simulateur — dosage par étalonnage

Le principe est toujours le même : mesurer une grandeur physique sur des solutions de concentration connue, tracer la courbe d'étalonnage, puis lire la concentration d'un échantillon grâce à elle. Choisis la grandeur mesurée, règle le curseur, puis relève le défi.

cₘ (mg/L) A
🎯 Défi — trouve la concentration mystère
Une solution mystère a une absorbance A = 0,42. Règle le curseur pour que le point atteigne cette valeur sur la courbe, puis vérifie.

Pourquoi l'absorbance est-elle proportionnelle à la concentration ?

Une solution colorée absorbe une partie de la lumière qui la traverse. Un spectrophotomètre mesure son absorbance A (grandeur sans unité) à une longueur d'onde choisie. Pour une solution suffisamment diluée, A est proportionnelle à la concentration : c'est la loi de Beer-Lambert.

\(A = k \times c_m\)

Bonnes pratiques : se placer à la longueur d'onde où la solution absorbe le plus (une solution bleue absorbe surtout l'orange-rouge) ; régler le « blanc » avec le solvant seul ; rester dans le domaine où la droite d'étalonnage est vérifiée, car au-delà A cesse d'être proportionnelle à cm.

📋 Méthode — utiliser une grandeur quotient (capacité mathématique)

Une concentration est une grandeur quotient (m/V) : connaissant deux des trois grandeurs (cm, m, V), on retrouve la troisième en isolant l'inconnue :

  1. Pour trouver une masse : \(m = c_m \times V\)
  2. Pour trouver un volume : \(V = m / c_m\)
Exemple résolu

On dissout m = 12 g de sel dans V = 400 mL d'eau. Calculer la concentration en masse de la solution obtenue.

\(c_m = m/V = 12/0{,}400 = 30\ \text{g/L}\)

Chiffres significatifs : écrire un résultat honnêtement

Un résultat ne peut pas être plus précis que les données qui l'ont produit. Pour une multiplication ou une division, on garde autant de chiffres significatifs que la donnée la moins précise, et l'on n'arrondit qu'à la fin (en gardant un chiffre de plus dans les calculs intermédiaires).

ÉcritureChiffres significatifsRemarque
0,0202les zéros de gauche ne comptent pas, le zéro final compte
2,0×10⁻²2la notation scientifique évite toute ambiguïté
0,2503le zéro final est significatif
1 5002 à 4 (ambigu)préférer 1,5×10³ ou 1,50×10³
1,50×10³3

Exemple : cm = 5,0 / 0,250 = 20 g/L, car 5,0 g n'a que 2 chiffres significatifs. Écrire « 20,000 g/L » serait faire croire à une précision qui n'existe pas.

La copie de Léa, annotée

Énoncé. On dissout 4,0 g de sel dans de l'eau pour obtenir 200 mL de solution. Calculer la concentration en masse cm du sel.

✏️ Ce que j'ai lu 3 / 10
c = 4 / 200 = 0,02
Quelle grandeur ? Quelle unité ? 200 mL doivent être convertis en L.
Le sel est dissous.
Ce n'est pas la réponse à la question posée.
✅ Ce que j'attends 10 / 10
Données : m = 4,0 g ; V = 200 mL = 0,200 L
Relation : cm = m / V
cm = 4,0 / 0,200 = 20 g/L
La solution contient 20 g de sel par litre.
Barème : données (1) · relation (2) · conversion (2) · calcul (2) · unité et chiffres significatifs (1) · phrase de conclusion (2).
📜 Repère historique — Arrhenius et les ions en solution

Vers 1887, le Suédois Svante Arrhenius propose que les sels dissous dans l'eau se séparent en particules chargées : les ions. Son idée est d'abord accueillie avec scepticisme ; elle lui vaudra pourtant le prix Nobel de chimie en 1903.

🔍 Le point de vue de l’expert
Ce que je lis dans les copies
  • V exprimé en mL dans cm = m / V, alors que le résultat est demandé en g/L.
  • « J'ai versé 100 mL d'eau, donc j'ai 100 mL de solution. » → le soluté occupe de la place ; c'est la fiole jaugée qui fixe V.
  • Confusion entre masse volumique et concentration en masse (le piège du cours, toujours vivant).
  • Extrapolation d'une droite d'étalonnage bien au-delà des étalons mesurés.
Le bon réflexe

Convertir toutes les données en g et en L avant de calculer ; encadrer le résultat avec son unité.

Question pour la classe. Peut-on préparer une solution de sel à 400 g/L, à 20 °C ?
Non : la solubilité du sel est d'environ 360 g/L à 20 °C. Au-delà, l'excès reste solide au fond : la solution est saturée.
— l’expert

Exercices d'application directe

Exercice 1 — Calculer une masse à peser

On souhaite préparer V = 250 mL d'une solution de concentration cm = 40 g/L. Quelle masse de soluté faut-il peser ?

\(m = c_m\times V = 40\times0{,}250\)
m = 10 g
Exercice 2 — Lecture d'une courbe d'étalonnage

Une courbe d'étalonnage relie l'absorbance A à la concentration cm par la relation A = 0,020 × cm (avec cm en mg/L). Une solution inconnue a une absorbance A = 0,56. Calculer sa concentration.

\(c_m = A/0{,}020 = 0{,}56/0{,}020\)
cm = 28 mg/L
🏋️ Entraînement — 10 exercices supplémentaires, corrigés
Exercice 3 — Calculer une concentration

On dissout 5,0 g de sucre dans de l’eau pour obtenir 250 mL de solution. Calculer la concentration en masse cm du sucre.

1
V = 250 mL = 0,250 L.
2
\(c_m = \dfrac{m}{V} = \dfrac{5{,}0}{0{,}250} = 20\ \text{g/L}\)
Exercice 4 — Le sérum physiologique

Le sérum physiologique est une solution de chlorure de sodium de concentration cm = 9,0 g/L. Quelle masse de sel faut-il pour préparer 500 mL de sérum ? Et 2,0 L ?

1
\(m = c_m\times V = 9{,}0\times0{,}500 = 4{,}5\ \text{g}\)
2
\(m = 9{,}0\times2{,}0 = 18\ \text{g}\)
Exercice 5 — Retrouver un volume

On dispose de 3,0 g de sel et on souhaite préparer une solution de concentration cm = 15 g/L. Quel volume de solution obtient-on (en mL) ?

1
\(V = \dfrac{m}{c_m} = \dfrac{3{,}0}{15} = 0{,}20\ \text{L}\)
V = 200 mL
Exercice 6 — Changer d’unités

La limite de qualité des nitrates dans l’eau potable est de 50 mg/L.
1) Exprimer cette concentration en g/L. 2) Quelle masse maximale de nitrates (en mg) une bouteille de 1,5 L peut-elle contenir ?

1
50 mg/L = 0,050 g/L.
2
m = 50 × 1,5 = 75 mg.
Exercice 7 — Solubilité du sel

La solubilité du chlorure de sodium dans l’eau à 20 °C est d’environ 360 g/L. On introduit 45 g de sel dans 100 mL d’eau (on suppose que le volume de la solution reste égal à 100 mL).
1) Le sel se dissout-il en totalité ? 2) Quelle masse maximale peut-on dissoudre ? 3) Quelle masse reste au fond du récipient ?

1
Si tout se dissolvait : cm = 45 / 0,100 = 450 g/L, supérieure à 360 g/L : non.
2
mmax = 360 × 0,100 = 36 g.
3
45 − 36 = 9 g de sel restent non dissous.
Exercice 8 — Une canette de soda

Une canette de 33 cL contient 35 g de sucre dissous.
1) Calculer la concentration en masse de sucre. 2) Quelle masse de sucre contient une bouteille de 1,5 L de la même boisson ?

1
\(c_m = \dfrac{35}{0{,}33}\approx1{,}1\times10^{2}\ \text{g/L}\)
2
m = cm × V ≈ 106 × 1,5 ≈ 1,6×10² g de sucre.
Exercice 9 — Courbe d’étalonnage

On mesure l’absorbance A de solutions étalons d’un colorant :

cm (mg/L)2,04,06,08,0
A0,100,200,300,40

1) Montrer que A est proportionnelle à cm. 2) Une solution inconnue a pour absorbance A = 0,26 : déterminer sa concentration. 3) Peut-on utiliser cette droite pour une solution d’absorbance A = 0,60 ?

1
Le rapport A / cm vaut 0,050 L/mg pour tous les étalons : A = 0,050 × cm (proportionnalité).
2
\(c_m = \dfrac{A}{0{,}050} = \dfrac{0{,}26}{0{,}050} = 5{,}2\ \text{mg/L}\)
3
A = 0,60 dépasse la gamme des étalons (0,10 à 0,40) : la proportionnalité n’est plus assurée. Il faut étendre la gamme d’étalonnage ou diluer la solution.
Exercice 10 — Remettre le protocole dans l’ordre

Voici, dans le désordre, les étapes de la préparation de 100,0 mL de solution par dissolution :
A. compléter avec de l’eau distillée jusqu’au trait de jauge ; B. peser la masse de soluté ; C. reboucher et retourner la fiole pour homogénéiser ; D. calculer la masse à peser ; E. introduire le soluté dans la fiole jaugée à l’aide d’un entonnoir ; F. remplir aux deux tiers d’eau distillée, boucher et agiter pour dissoudre.
Les ranger dans l’ordre.

1
D → B → E → F → A → C.
2
On calcule, on pèse, on introduit, on dissout dans les 2/3 du volume, on ajuste au trait de jauge, puis on homogénéise.
Exercice 11 — Pourquoi une fiole jaugée ?

Pour préparer 100,0 mL d’une solution de sulfate de cuivre à 20 g/L, un élève dissout 2,0 g de soluté dans 100 mL d’eau mesurés à l’éprouvette, directement dans un bécher.
1) Quelle erreur commet-il ? 2) Quelle verrerie doit-il utiliser ?

1
Le volume de la solution n’est pas égal au volume d’eau versé (le soluté occupe de la place), et l’éprouvette est peu précise : la concentration obtenue n’est pas 20 g/L.
2
Une fiole jaugée de 100,0 mL : on dissout le soluté puis on complète avec de l’eau distillée jusqu’au trait de jauge.
Exercice 12 — Masse volumique ou concentration ?

Une solution de chlorure de sodium a pour concentration en masse cm = 30 g/L et pour masse volumique ρ = 1,02 g/mL. On prélève 250 mL de cette solution.
1) Quelle est la masse de solution prélevée ? 2) Quelle masse de sel contient-elle ? 3) Pourquoi ces deux masses sont-elles différentes ?

1
msolution = ρ × V = 1,02 × 250 = 255 g.
2
msel = cm × V = 30 × 0,250 = 7,5 g.
3
La masse volumique concerne la masse totale (eau + sel) ; la concentration en masse ne concerne que le soluté seul.
✅ Quiz d'étape

Q1. Un corps pur, contrairement à un mélange, fond :

Q2. La concentration en masse d'un soluté se calcule en divisant :

Q3. Une courbe d'étalonnage sert à :

📄 Activité documentaire — À la découverte de l'atome
🎯 Objectif : construire, à partir de documents, une première représentation de la structure de l'atome

Avant d'étudier formellement le noyau et le cortège électronique, cette activité te propose de retrouver, à partir de quatre documents, comment les scientifiques ont progressivement construit le modèle de l'atome que nous utilisons aujourd'hui.

Document 1 — La découverte de l'électron (J.J. Thomson, 1897)

À la fin du XIXe siècle, le physicien britannique Joseph John Thomson étudie le comportement de rayons émis dans des tubes à vide soumis à une tension électrique. Il montre que ces rayons sont en réalité constitués de particules bien plus légères que le plus léger des atomes connus, et portant une charge électrique négative. Il vient de découvrir l'électron. Cette découverte bouleverse l'idée, admise jusque-là, que l'atome serait une sphère pleine et indivisible : il contient en réalité des particules plus petites que lui.

Document 2 — L'expérience de Rutherford (1911)

Ernest Rutherford et son équipe bombardent une fine feuille d'or avec des particules chargées positivement. D'après le modèle de l'atome alors admis (une sphère de matière chargée positivement, dans laquelle seraient dispersés les électrons), ces particules devraient toutes traverser la feuille en étant à peine déviées. Or, si la grande majorité des particules traverse effectivement la feuille sans déviation notable, une infime proportion d'entre elles rebondit carrément en arrière, comme si elles avaient heurté un obstacle massif et concentré. Rutherford en conclut que la charge positive et l'essentiel de la masse de l'atome sont concentrées dans une région extrêmement petite en son centre : le noyau. Le reste de l'atome — l'espace occupé par les électrons — est très majoritairement vide.

🎬 Animation — l'expérience de Rutherford

Des particules α (chargées positivement) sont envoyées sur une très fine feuille d'or. Compare ce que prévoit chaque modèle de l'atome avec ce que Rutherford a réellement observé.

Schéma non à l'échelle : le noyau est dessiné beaucoup trop gros et les rebonds sont bien plus fréquents qu'en réalité (de l'ordre de 1 particule sur 8 000 dans l'expérience réelle).

Document 3 — Masses et charges des particules de l'atome
ParticuleMasse (kg)Charge électrique (C)
Proton1,673×10⁻²⁷+1,6×10⁻¹⁹
Neutron1,675×10⁻²⁷0
Électron9,11×10⁻³¹−1,6×10⁻¹⁹
Document 4 — Tailles comparées du noyau et de l'atome

Le diamètre d'un atome est de l'ordre de 10⁻¹⁰ m, tandis que celui de son noyau est de l'ordre de 10⁻¹⁵ m — cent mille fois plus petit.

nuage électronique (~10⁻¹⁰ m) noyau

Si le noyau avait la taille d'une bille de 1 cm, l'atome tout entier mesurerait environ 1 km de diamètre.

Questions

Question 1 — Document 1

Quelle particule Thomson a-t-il découverte ? Pourquoi cette découverte remet-elle en cause l'idée d'un atome « plein et indivisible » ?

Thomson a découvert l'électron, une particule chargée négativement, bien plus légère qu'un atome. Puisque l'atome contient des particules plus petites que lui, il ne peut pas être une sphère pleine et indivisible : il possède une structure interne.
Question 2 — Document 2

Quelle observation de l'expérience de Rutherford est surprenante par rapport au modèle de l'atome alors admis ? Qu'en déduit-il sur la structure de l'atome ?

Le fait qu'une petite proportion de particules rebondisse en arrière est surprenant : si la charge positive était uniformément répartie dans tout l'atome, aucune particule ne devrait être ainsi repoussée. Rutherford en déduit que la charge positive et la masse de l'atome sont concentrées dans une toute petite région centrale, très dense : le noyau. Le reste de l'atome est très majoritairement vide.
Question 3 — Document 3

À l'aide du document 3, calculer combien de fois un proton est plus massif qu'un électron.

\(\dfrac{m_{proton}}{m_{électron}} = \dfrac{1{,}673\times10^{-27}}{9{,}11\times10^{-31}}\)
Environ 1 840 : un proton est presque 2 000 fois plus lourd qu'un électron.
Question 4 — Document 4

Comparer la taille du noyau à celle de l'atome. Que peut-on en conclure sur la structure de la matière ?

Le noyau est environ cent mille fois plus petit que l'atome tout entier : la matière est donc très majoritairement composée de vide, l'essentiel de la masse étant concentrée dans un volume infime en son centre.
Question 5 — Synthèse

En une phrase, résume le modèle de l'atome qui se dégage de ces quatre documents.

L'atome est constitué d'un noyau, minuscule mais concentrant l'essentiel de sa masse et toute sa charge positive, autour duquel se déplacent des électrons, bien plus légers et chargés négativement, dans un espace très majoritairement vide.
4. Le noyau de l'atome
🎯 Objectif : établir l'écriture conventionnelle d'un noyau à partir de sa composition

Comme l'a montré l'activité documentaire, le noyau concentre l'essentiel de la masse de l'atome et toute sa charge positive. Il est constitué de deux types de nucléons : les protons (chargés positivement) et les neutrons (électriquement neutres).

Écriture conventionnelle d'un noyau

\({}^{A}_{Z}X\)

avec X le symbole chimique de l'élément, Z le numéro atomique (nombre de protons), A le nombre de masse (nombre total de nucléons, protons + neutrons). Le nombre de neutrons se déduit par différence : N = A − Z.

Un élément chimique regroupe toutes les entités (atomes ou ions) ayant le même numéro atomique Z — c'est Z, et lui seul, qui définit l'identité chimique d'un atome. L'atome, globalement neutre, possède exactement Z électrons autour de son noyau, pour Z protons.

🎮 Constructeur de noyau

Règle le nombre de protons et de neutrons pour construire un noyau, et observe comment son identité change.

📋 Méthode — écrire ou décoder un noyau
  1. À partir de la composition (nombre de protons, nombre de neutrons) : Z = nombre de protons, A = protons + neutrons.
  2. À partir de l'écriture AZX : le nombre de protons est Z, le nombre de neutrons est A − Z, le nombre d'électrons de l'atome neutre est aussi Z.
Exemple résolu

Le noyau de l'atome de sodium s'écrit 2311Na. Donner sa composition, et le nombre d'électrons de l'atome de sodium neutre.

Z = 11 protons ; N = A − Z = 23 − 11 = 12 neutrons ; l'atome neutre possède 11 électrons (autant que de protons).

⚠️ Piège classique
Ne pas confondre Z (numéro atomique, nombre de protons — celui qui définit l'élément) et A (nombre de masse, nombre total de nucléons) : A est toujours supérieur ou égal à Z.

Ordres de grandeur : les particules de l'atome

ParticuleMasse (kg)Charge (C)Où ?
Proton1,673×10⁻²⁷+1,602×10⁻¹⁹ (+e)noyau
Neutron1,675×10⁻²⁷0noyau
Électron9,109×10⁻³¹−1,602×10⁻¹⁹ (−e)cortège

Protons et neutrons ont pratiquement la même masse (on parle de nucléons, ≈ 1,67×10⁻²⁷ kg) ; un proton est environ 1 800 fois plus massif qu'un électron. Conséquence : plus de 99,9 % de la masse de l'atome est concentrée dans le noyau. En revanche, le noyau est minuscule : son rayon est de l'ordre de 10⁻¹⁵ m, celui de l'atome de 10⁻¹⁰ m, soit un rapport de 100 000.

Pour se représenter l'atome. Si le noyau était un grain de sable de 1 mm, l'atome serait un stade de football de 100 m : un grain de sable au centre, et presque rien d'autre. C'est ce vide, mis en évidence par Rutherford, qui fait dire que la matière est essentiellement lacunaire.

Élément, nucléide, isotopes

Un nucléide est un noyau caractérisé par son couple (Z, A). Des noyaux de même Z mais de A différents sont des isotopes : ils appartiennent au même élément et ont des propriétés chimiques quasi identiques (même cortège électronique), mais des masses différentes.

ÉlémentIsotopesAbondance naturelle
Hydrogène¹H (protium) · ²H (deutérium) · ³H (tritium)99,985 % · 0,015 % · traces (radioactif)
Carbone¹²C · ¹³C · ¹⁴C98,9 % · 1,1 % · traces (datation)
Chlore³⁵Cl · ³⁷Cl75,8 % · 24,2 %

Le tableau périodique donne une masse moyenne, pondérée par ces abondances. Pour le chlore : 0,758 × 35 + 0,242 × 37 ≈ 35,5 — c'est bien la valeur lue dans le tableau.

Pourquoi le noyau ne « explose »-t-il pas ? 🔭 hors programme

Les protons portent des charges positives et se repoussent. Si le noyau tient, c'est qu'une autre interaction, l'interaction forte, attire les nucléons entre eux. Elle est très intense mais de très courte portée : c'est elle qui assure la cohésion du noyau, et les neutrons y contribuent sans ajouter de répulsion électrique.

📜 Repères historiques — la découverte des particules
1897Thomson
l'électron
1911Rutherford
le noyau
1919Rutherford
le proton
1932Chadwick
le neutron

Le neutron, électriquement neutre, a été le plus difficile à détecter : il faudra attendre 1932 pour que Chadwick le mette en évidence.

🔍 Le point de vue de l’expert
Ce que je lis dans les copies
  • Le symbole écrit à l'envers : A en bas, Z en haut.
  • N = A + Z au lieu de N = A − Z (« il y a plus de neutrons que de nucléons »).
  • « Z = A / 2 » pour tous les noyaux : vrai pour ¹²C, faux pour ¹H, ³⁵Cl, ⁵⁶Fe…
  • Le nombre d'électrons d'un atome donné par A au lieu de Z.
Le bon réflexe

Écrire d'abord la relation A = Z + N, puis placer les nombres : ça évite l'erreur d'un tiers des copies.

Question pour la classe. Deux atomes ont le même Z mais des A différents : sont-ils le même élément ? Réagissent-ils pareil ?
Oui, c'est le même élément (des isotopes). Ils réagissent de façon quasi identique, car leur cortège électronique est le même ; seule leur masse diffère.
— l’expert

Exercices d'application directe

Exercice 1 — Écrire un noyau

Un noyau contient 6 protons et 6 neutrons. Écrire son symbole conventionnel (élément : carbone, C).

A = 6+6 = 12 ; Z = 6 → 126C
Exercice 2 — Décoder un noyau

Le noyau 3517Cl (chlore) — donner son nombre de protons, de neutrons, et le nombre d'électrons de l'atome neutre correspondant.

17 protons ; N = 35−17 = 18 neutrons ; 17 électrons (atome neutre).
🏋️ Entraînement — 10 exercices supplémentaires, corrigés
Exercice 3 — Décoder un noyau

Le noyau de l’argon s’écrit \({}^{40}_{18}\text{Ar}\). Donner son nombre de protons, de neutrons et le nombre d’électrons de l’atome neutre correspondant.

1
Z = 18 : 18 protons.
2
N = A − Z = 40 − 18 = 22 neutrons.
3
L’atome neutre possède autant d’électrons que de protons : 18 électrons.
Exercice 4 — Écrire un noyau

Un noyau contient 8 protons et 8 neutrons (élément oxygène, O). Écrire son symbole conventionnel.

1
Z = 8 ; A = 8 + 8 = 16.
\({}^{16}_{8}\text{O}\)
Exercice 5 — Nombre de neutrons

Le noyau de l’atome de fluor s’écrit \({}^{19}_{9}\text{F}\). Combien contient-il de neutrons ? Combien l’atome neutre possède-t-il d’électrons ?

1
N = A − Z = 19 − 9 = 10 neutrons.
2
L’atome neutre a 9 électrons (autant que de protons).
Exercice 6 — Les isotopes du carbone

Le carbone existe sous plusieurs formes : \({}^{12}_{6}\text{C}\), \({}^{13}_{6}\text{C}\) et \({}^{14}_{6}\text{C}\).
1) Donner la composition de chaque noyau. 2) Pourquoi appartiennent-ils au même élément ? 3) Comment appelle-t-on de tels noyaux ?

1
12C : 6 protons, 6 neutrons ; 13C : 6 protons, 7 neutrons ; 14C : 6 protons, 8 neutrons.
2
Ils ont le même numéro atomique Z = 6 : c’est Z qui définit l’élément.
3
Ce sont des isotopes : même Z, nombres de neutrons (donc A) différents.
Exercice 7 — Trouver l’élément

Un noyau a pour nombre de masse A = 27 et contient 14 neutrons. Numéros atomiques : Mg 12 ; Al 13 ; Si 14 ; P 15.
1) Déterminer Z. 2) Identifier l’élément. 3) Écrire le symbole du noyau.

1
Z = A − N = 27 − 14 = 13.
2
Z = 13 : c’est l’aluminium.
3
\({}^{27}_{13}\text{Al}\)
Exercice 8 — Charge du noyau et de l’atome

Charge élémentaire : e = 1,6×10⁻¹⁹ C. Pour l’atome de sodium \({}^{23}_{11}\text{Na}\), calculer la charge du noyau, celle du cortège électronique et celle de l’atome.

1
qnoyau = +11 e = 11 × 1,6×10⁻¹⁹ ≈ +1,8×10⁻¹⁸ C.
2
qcortège = −11 e ≈ −1,8×10⁻¹⁸ C (11 électrons).
Charge de l’atome : 0 (atome électriquement neutre).
Exercice 9 — Masse d’un atome

Masse d’un nucléon : 1,67×10⁻²⁷ kg ; masse d’un électron : 9,11×10⁻³¹ kg.
1) Estimer la masse de l’atome \({}^{12}_{6}\text{C}\). 2) Calculer la masse de ses électrons. 3) Comparer et conclure.

1
matome ≈ 12 × 1,67×10⁻²⁷ ≈ 2,0×10⁻²⁶ kg.
2
mélectrons = 6 × 9,11×10⁻³¹ ≈ 5,5×10⁻³⁰ kg.
3
Le rapport vaut environ 2,7×10⁻⁴ (0,03 %) : la masse des électrons est négligeable, la masse de l’atome est concentrée dans le noyau.
Exercice 10 — Ordres de grandeur

Le rayon d’un atome est de l’ordre de 10⁻¹⁰ m et celui de son noyau de l’ordre de 10⁻¹⁵ m.
1) Calculer le rapport des rayons. 2) Si le noyau était une bille de 1 cm de diamètre, quel serait le diamètre de l’atome ? 3) Que peut-on dire de la structure de l’atome ?

1
ratome / rnoyau = 10⁻¹⁰ / 10⁻¹⁵ = 10⁵.
2
Le diamètre de l’atome serait 10⁵ cm = 1 000 m, soit 1 km.
3
L’atome est essentiellement constitué de vide : la structure est lacunaire.
Exercice 11 — Vrai ou faux ?

Dire si chaque affirmation est vraie ou fausse, et corriger si nécessaire.
a) Les noyaux \({}^{12}_{6}\text{C}\) et \({}^{14}_{6}\text{C}\) appartiennent au même élément. b) Le noyau \({}^{14}_{6}\text{C}\) contient 14 protons. c) Un atome neutre possède autant d’électrons que de neutrons. d) Le nombre de masse A est toujours supérieur ou égal à Z. e) La masse d’un électron est voisine de celle d’un proton.

1
a) Vrai (même Z = 6). b) Faux : 6 protons et 8 neutrons. c) Faux : autant d’électrons que de protons.
2
d) Vrai (A = Z + N). e) Faux : un proton est environ 1 800 fois plus massif qu’un électron.
Exercice 12 — Retrouver le noyau à partir de sa charge

Le noyau d’un atome porte une charge q = +4,8×10⁻¹⁹ C et contient 4 neutrons (e = 1,6×10⁻¹⁹ C).
1) Déterminer Z. 2) Déterminer A. 3) Sachant que Z = 3 correspond au lithium, écrire le symbole du noyau. Combien d’électrons a l’atome neutre ?

1
Z = q / e = 4,8×10⁻¹⁹ / 1,6×10⁻¹⁹ = 3.
2
A = Z + N = 3 + 4 = 7.
3
Noyau : \({}^{7}_{3}\text{Li}\) ; l’atome neutre possède 3 électrons.
5. Le cortège électronique
🎯 Objectif : établir une configuration électronique et en déduire la position dans le tableau périodique

Les électrons d'un atome se répartissent en sous-couches, notées 1s, 2s, 2p, 3s, 3p, chacune pouvant accueillir un nombre maximal d'électrons : 2 pour une sous-couche s, 6 pour une sous-couche p. À l'état fondamental, les sous-couches se remplissent dans l'ordre : 1s, puis 2s, puis 2p, puis 3s, puis 3p.

Exemple résolu — configuration du chlore (Z = 17)

17 électrons à répartir : 1s² (2) → 2s² (2) → 2p⁶ (6) → 3s² (2) → 3p⁵ (5). Total : 2+2+6+2+5 = 17 ✓

1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁵

Position dans le tableau périodique

La configuration électronique d'un atome renseigne directement sur sa position dans le tableau périodique : le numéro de la ligne correspond au numéro de la couche la plus externe occupée, et la colonne se déduit du nombre d'électrons de cette couche externe.

Les électrons de valence sont ceux de la couche la plus externe (la dernière occupée) : ce sont eux qui déterminent les propriétés chimiques de l'atome. Deux éléments d'une même colonne du tableau périodique ont le même nombre d'électrons de valence : ils appartiennent à la même famille chimique et partagent des propriétés chimiques communes.

🎬 Animation — le cortège électronique

Règle Z pour ajouter des électrons : ils remplissent les couches K, L puis M. Les électrons de la couche externe (électrons de valence) sont en violet. Les trajectoires circulaires ne sont qu'un schéma : seule la répartition des électrons par couche est à retenir.

🎮 Tableau périodique interactif — 18 premiers éléments

Clique sur un élément pour voir sa configuration électronique, ses électrons de valence, sa famille — et l'ion qu'il forme éventuellement.

Couches et sous-couches : qui contient quoi ?

Les électrons occupent des couches (K, L, M…, numérotées n = 1, 2, 3…), elles-mêmes divisées en sous-couches (s, p, d…). Une sous-couche s accueille au plus 2 électrons, une sous-couche p au plus 6, une sous-couche d au plus 10. La couche n peut donc contenir au plus 2n² électrons.

CoucheSous-couchesCapacité maximale
K (n = 1)1s2
L (n = 2)2s, 2p2 + 6 = 8
M (n = 3)3s, 3p, 3d2 + 6 + 10 = 18
Ordre de remplissage (énergie croissante)
énergie53p6 e⁻43s2 e⁻32p6 e⁻22s2 e⁻11s2 e⁻MLK

On remplit les sous-couches de la plus basse énergie vers la plus haute : 1s, 2s, 2p, 3s, 3p… Pour Z ≤ 18, la sous-couche 3d n'intervient pas : la couche M ne dépasse jamais 8 électrons. Ce n'est qu'à partir de Z = 21 que 3d se remplit, après 4s.

Électrons de cœur, électrons de valence

Les électrons des couches internes, complètes, sont les électrons de cœur : ils ne participent pas aux réactions. Ceux de la couche externe sont les électrons de valence. Le sodium a 10 électrons de cœur (1s² 2s² 2p⁶) et 1 électron de valence (3s¹) ; le chlore a 10 électrons de cœur et 7 électrons de valence (3s² 3p⁵).

Lire le tableau périodique. La ligne donne le nombre de couches occupées. Pour les colonnes 1 et 2, le numéro de colonne est le nombre d'électrons de valence ; pour les colonnes 13 à 18, il vaut 10 + le nombre d'électrons de valence. Deux exceptions à connaître : l'hydrogène (1 électron de valence, colonne 1, mais ce n'est pas un métal alcalin) et l'hélium (2 électrons de valence, colonne 18).

Les familles chimiques du quotidien

FamilleColonneÉlectrons de valenceExemples et usages
Alcalins11Li (batteries), Na (lampes jaunes, sel), K : réagissent vivement avec l'eau
Alcalino-terreux22Mg (alliages légers), Ca (os, calcaire)
Halogènes177F (dentifrice), Cl (désinfection), I (antiseptique)
Gaz nobles188 (2 pour He)He (ballons), Ne (enseignes), Ar (soudure) : très peu réactifs
📜 Repère historique — Mendeleïev et les cases vides

En 1869, Mendeleïev classe les 63 éléments alors connus et laisse volontairement des cases vides, en prédisant les propriétés des éléments manquants. En 1875, Lecoq de Boisbaudran découvre le gallium, l'« éka-aluminium » attendu. Il mesure d'abord une masse volumique de 4,7 g/cm³ ; Mendeleïev, qui en prévoyait 5,9, lui écrit que son échantillon doit être impur. Après purification : 5,9. Un bon modèle sait prédire — et corriger la mesure.

🔍 Le point de vue de l’expert
Ce que je lis dans les copies
  • Une configuration dont la somme des exposants ne vaut pas Z (le contrôle ne coûte que dix secondes).
  • Un remplissage « à l'envers » : 3p avant 3s, ou 2s³ (une sous-couche s ne contient que 2 électrons).
  • La colonne déduite « au feeling » : aluminium en colonne 3 au lieu de 13.
  • Couche et sous-couche employées l'une pour l'autre.
Le bon réflexe

Toujours vérifier : somme des exposants = Z (pour l'atome neutre).

Question pour la classe. Pourquoi le sodium et le potassium réagissent-ils de façon semblable avec l'eau ?
Ils ont le même nombre d'électrons de valence (1) : ils appartiennent à la même famille, celle des alcalins, donc à la même colonne.
— l’expert

Exercices d'application directe

Exercice 1 — Établir une configuration électronique

Établir la configuration électronique de l'atome de magnésium (Z = 12), et donner son nombre d'électrons de valence.

1s² 2s² 2p⁶ 3s² (2+2+6+2=12 ✓). Couche externe : 3s² → 2 électrons de valence.
Exercice 2 — Retrouver Z à partir de la configuration

Un atome a pour configuration électronique 1s² 2s² 2p⁴. Quel est son numéro atomique Z ?

2+2+4 = 8 électrons → Z = 8 (oxygène).
🏋️ Entraînement — 10 exercices supplémentaires, corrigés
Exercice 3 — Configuration de l’azote

Établir la configuration électronique de l’atome d’azote (Z = 7) et donner son nombre d’électrons de valence.

1
7 électrons : 1s² (2) → 2s² (2) → 2p³ (3). Total : 2 + 2 + 3 = 7 ✓
1s² 2s² 2p³ — 5 électrons de valence (2s² 2p³).
Exercice 4 — Configuration du soufre

Établir la configuration électronique de l’atome de soufre (Z = 16) et donner son nombre d’électrons de valence.

1
1s² (2) → 2s² (2) → 2p⁶ (6) → 3s² (2) → 3p⁴ (4). Total : 2 + 2 + 6 + 2 + 4 = 16 ✓
1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁴ — 6 électrons de valence (couche 3).
Exercice 5 — Retrouver Z

Un atome a pour configuration électronique 1s² 2s² 2p⁶ 3s¹. Déterminer son numéro atomique Z et son nombre d’électrons de valence.

1
Nombre d’électrons : 2 + 2 + 6 + 1 = 11, donc Z = 11 (atome neutre) : c’est le sodium.
2
Couche externe : 3s¹ → 1 électron de valence.
Exercice 6 — Quel est cet atome ?

Un atome a pour configuration électronique 1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p². Donner Z, identifier l’élément (Z = 13 : Al ; 14 : Si ; 15 : P) et son nombre d’électrons de valence.

1
Z = 2 + 2 + 6 + 2 + 2 = 14 : c’est le silicium.
2
Couche externe (3s² 3p²) : 4 électrons de valence.
Exercice 7 — Familles chimiques

Écrire la configuration électronique de Li (Z = 3), Na (Z = 11), F (Z = 9) et Cl (Z = 17). Les regrouper par famille et expliquer pourquoi les atomes d’une même famille ont des propriétés chimiques voisines.

1
Li : 1s² 2s¹ ; Na : 1s² 2s² 2p⁶ 3s¹ ; F : 1s² 2s² 2p⁵ ; Cl : 1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁵.
2
Li et Na ont 1 électron de valence (alcalins) ; F et Cl en ont 7 (halogènes).
3
Ce sont les électrons de valence qui déterminent les propriétés chimiques : même nombre d’électrons de valence → même colonne → propriétés voisines.
Exercice 8 — Repérer les gaz nobles

Parmi C (Z = 6), Ne (Z = 10), O (Z = 8), Ar (Z = 18) et Mg (Z = 12), lesquels sont des gaz nobles ? Justifier en donnant la couche externe de chaque atome.

1
C : 2s² 2p² (4 e⁻) ; O : 2s² 2p⁴ (6 e⁻) ; Mg : 3s² (2 e⁻) : couches externes non saturées.
2
Ne : 2s² 2p⁶ et Ar : 3s² 3p⁶ : 8 électrons de valence.
Ne et Ar sont des gaz nobles (couche externe saturée, très stables).
Exercice 9 — Corriger les erreurs

Chaque configuration est fausse. Expliquer l’erreur et la corriger.
a) Z = 6 : 1s² 2s³ 2p¹ b) Z = 12 : 1s² 2s² 2p⁶ 3p² c) Z = 10 : 1s² 2s² 2p⁷

1
a) une sous-couche s contient au plus 2 électrons → 1s² 2s² 2p².
2
b) la sous-couche 3s se remplit avant 3p → 1s² 2s² 2p⁶ 3s².
3
c) une sous-couche p contient au plus 6 électrons (et 2 + 2 + 7 = 11 ≠ 10) → 1s² 2s² 2p⁶.
Exercice 10 — Compléter un tableau

Rappel : la ligne (période) est le numéro de la couche externe ; pour les colonnes 1 et 2, le numéro de colonne est égal au nombre d’électrons de valence, et pour les colonnes 13 à 18 il vaut 10 + le nombre d’électrons de valence (l’hélium est en colonne 18). Compléter :

AtomeConfigurationÉlectrons de valenceLigneColonne
B (Z = 5)????
P (Z = 15)????
He (Z = 2)????
Cl (Z = 17)????
AtomeConfigurationÉlectrons de valenceLigneColonne
B1s² 2s² 2p¹3213
P1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p³5315
He1s²2118
Cl1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁵7317
Exercice 11 — Répartition par couches

Donner la répartition des électrons sur les couches K, L et M pour le phosphore (Z = 15), le magnésium (Z = 12) et l’argon (Z = 18).

1
P : K 2 · L 8 · M 5 (total 15).
2
Mg : K 2 · L 8 · M 2 (total 12).
3
Ar : K 2 · L 8 · M 8 (total 18) : couche externe saturée.
Exercice 12 — Un atome mystère

Un atome neutre possède trois couches occupées et 3 électrons de valence.
1) Combien d’électrons possède-t-il ? 2) Quel est son numéro atomique ? Quel est l’élément (Z = 12 : Mg ; 13 : Al ; 14 : Si) ? 3) Où se situe-t-il dans le tableau périodique ?

1
Couches K (2) et L (8) saturées, couche M : 3 électrons → 2 + 8 + 3 = 13 électrons.
2
Z = 13 : c’est l’aluminium.
3
Ligne 3 (trois couches), colonne 13 (10 + 3 électrons de valence).
6. Vers des entités plus stables : ions et molécules
🎯 Objectif : déterminer la charge d'un ion monoatomique, interpréter un schéma de Lewis

La stabilité des gaz nobles

Les gaz nobles (colonne la plus à droite du tableau périodique : hélium, néon, argon...) sont des éléments chimiquement très stables, peu réactifs. Cette stabilité est associée à leur configuration électronique particulière : 8 électrons de valence (2 pour l'hélium). Les autres atomes tendent à acquérir cette configuration stable, soit en formant des ions, soit en établissant des liaisons pour former des molécules.

Les ions monoatomiques

Un ion monoatomique se forme lorsqu'un atome perd ou gagne un ou plusieurs électrons pour atteindre la configuration électronique du gaz noble le plus proche dans le tableau périodique. Un cation (charge positive) résulte d'une perte d'électrons ; un anion (charge négative) résulte d'un gain d'électrons.

IonH⁺Na⁺K⁺Ca²⁺Mg²⁺Cl⁻F⁻
Formationperte 1 e⁻perte 1 e⁻perte 1 e⁻perte 2 e⁻perte 2 e⁻gain 1 e⁻gain 1 e⁻
📋 Méthode — déterminer la charge d'un ion monoatomique
  1. Repérer la position de l'élément dans le tableau périodique.
  2. Identifier le gaz noble le plus proche.
  3. Si l'élément est situé avant un gaz noble (colonnes 1, 2 : il a peu d'électrons de valence), il perd des électrons → cation. S'il est situé juste avant un gaz noble par gain (colonnes 16, 17), il gagne des électrons → anion.

Les ions du quotidien

IonNomOù le rencontre-t-on ?
Na⁺ion sodiumsel de cuisine, eau de mer, sang
K⁺ion potassiumfruits, engrais
Ca²⁺ion calciumcalcaire, lait, os
Mg²⁺ion magnésiumeaux minérales
Cl⁻ion chloruresel de cuisine
F⁻ion fluoruredentifrices
Cu²⁺ion cuivre(II)solution bleue de sulfate de cuivre
Fe²⁺, Fe³⁺ions fer(II), fer(III)rouille, eaux ferrugineuses

Nommer. Un cation porte le nom de l'élément (ion sodium). Un anion se termine en -ure (chlorure, fluorure, sulfure), sauf O²⁻ : ion oxyde. Dans un solide ionique, on nomme d'abord l'anion : NaCl est le chlorure de sodium.

⚠️ La règle du gaz noble ne prédit pas tout
Elle rend compte des ions des colonnes 1, 2, 13, 16 et 17, mais pas de ceux des métaux de transition : Fe²⁺, Fe³⁺, Cu²⁺, Zn²⁺, Ag⁺… sont à connaître sans les prédire.

Les molécules et le schéma de Lewis

Une molécule se forme lorsque des atomes mettent des électrons en commun (liaisons covalentes) pour atteindre, eux aussi, une configuration stable. Le schéma de Lewis représente cette organisation : un trait entre deux atomes symbolise un doublet liant (paire d'électrons partagée) ; un trait porté par un seul atome symbolise un doublet non liant (paire d'électrons propre à cet atome).

L'énergie de liaison est associée qualitativement à l'énergie qu'il faudrait fournir pour rompre cette liaison : plus elle est grande, plus la liaison est stable et difficile à rompre.

Écrire un schéma de Lewis en 4 étapes

📋 Méthode — schéma de Lewis d'une molécule
  1. Compter le nombre total d'électrons de valence (somme sur tous les atomes).
  2. En déduire le nombre de doublets : total ÷ 2.
  3. Placer les liaisons : un atome forme 8 − (électrons de valence) liaisons (H : 1 ; C : 4 ; N : 3 ; O : 2 ; halogènes : 1).
  4. Compléter avec des doublets non liants pour que chaque atome ait 8 électrons (2 pour H), puis vérifier le total de doublets.
Exemple résolu — l'eau H₂O

Électrons de valence : 6 + 2 × 1 = 8, soit 4 doublets. L'oxygène forme 2 liaisons (avec les deux H) : 2 doublets liants. Il reste 2 doublets, portés par l'oxygène pour compléter son octet : 2 doublets non liants. Total : 2 + 2 = 4 ✓

Galerie de schémas de Lewis (doublets non liants en orange)
HH
H₂
1 liant · 0 non liant
HCl
HCl
1 liant · 3 non liants
HOH
H₂O
2 liants · 2 non liants
NHHH
NH₃
3 liants · 1 non liant
CHHHH
CH₄
4 liants · 0 non liant
OO
O₂
2 liants · 4 non liants
OCO
CO₂
4 liants · 4 non liants
NN
N₂
3 liants · 2 non liants

Liaison covalente et énergie de liaison

L'énergie de liaison est l'énergie qu'il faut fournir pour rompre une liaison : plus elle est grande, plus la liaison est solide. Voici des valeurs moyennes, arrondies, pour une mole de liaisons.

LiaisonÉnergie (kJ/mol)Ce qu'on en tire
H–H436
O=O498le dioxygène réagit assez facilement
N≡N945le diazote est très peu réactif
C–C · C=C · C≡C347 · 614 · 839simple < double < triple pour une même paire d'atomes
C–H · O–H413 · 463
📜 Repère historique — Lewis et son atome cubique

En 1916, Gilbert N. Lewis propose que la liaison chimique soit une paire d'électrons partagée entre deux atomes. Il avait d'abord imaginé des atomes cubiques, avec un électron à chacun des huit coins : c'est de là que vient la règle de l'octet.

🔍 Le point de vue de l’expert
Ce que je lis dans les copies
  • « Na devient Na⁺, donc c'est un autre élément. » → non : Z reste 11, seul le cortège change.
  • Le nombre de protons d'un ion modifié « pour équilibrer la charge ».
  • Un schéma de Lewis avec 9 électrons autour de l'azote, ou des doublets non liants oubliés.
  • Des charges impossibles : Cl²⁻, Na²⁺, O⁻.
Le bon réflexe

Compter, puis recompter : total d'électrons de valence, puis octet (duet pour H) pour chaque atome.

Question pour la classe. Quand l'atome de sodium devient l'ion Na⁺, l'élément change-t-il ?
Non. Z = 11 ne change pas : c'est le noyau qui définit l'élément. L'atome a perdu un électron (11 protons, 10 électrons), rien de plus.
— l’expert

Exercices d'application directe

Exercice 1 — Charge d'un ion

L'atome d'aluminium (Z = 13) forme un ion monoatomique en atteignant la configuration électronique du néon (Z = 10). Combien d'électrons perd-il ? Quelle est la charge de l'ion aluminium ?

L'aluminium doit perdre 3 électrons (13 − 10 = 3) pour atteindre la configuration du néon : il forme l'ion Al³⁺.
Exercice 2 — Lire un schéma de Lewis

Dans le schéma de Lewis de l'eau H–O–H, avec deux doublets non liants portés par l'oxygène, combien de doublets liants et non liants l'oxygène possède-t-il au total ? L'octet est-il respecté ?

2 doublets liants (les deux liaisons O–H) + 2 doublets non liants = 4 doublets, soit 8 électrons autour de l'oxygène : l'octet est respecté.
🏋️ Entraînement — 10 exercices supplémentaires, corrigés
Exercice 3 — L’ion sodium

L’atome de sodium a pour numéro atomique Z = 11. 1) Écrire sa configuration électronique. 2) Quel gaz noble est le plus proche ? 3) Quel ion forme-t-il ? Donner sa composition en protons et en électrons.

1
1s² 2s² 2p⁶ 3s¹.
2
Le néon (Z = 10) : 1s² 2s² 2p⁶.
3
L’atome perd 1 électron : ion Na⁺ (11 protons, 10 électrons).
Exercice 4 — L’ion chlorure

L’atome de chlore a pour numéro atomique Z = 17. Écrire sa configuration électronique, déterminer l’ion qu’il forme et sa composition en protons et en électrons.

1
1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁵ : 7 électrons de valence.
2
Il gagne 1 électron pour atteindre la configuration de l’argon (3p⁶) : ion Cl⁻.
3
17 protons, 18 électrons : charge = +17e − 18e = −e ✓
Exercice 5 — L’ion oxyde

L’atome d’oxygène a pour numéro atomique Z = 8. Déterminer la charge de l’ion monoatomique qu’il forme et sa composition. Vérifier sa charge.

1
1s² 2s² 2p⁴ : il lui manque 2 électrons pour atteindre la configuration du néon (2p⁶).
2
Il gagne 2 électrons : ion O²⁻ (8 protons, 10 électrons).
3
Charge : +8e − 10e = −2e ✓
Exercice 6 — Charge des ions monoatomiques

Pour chaque atome, indiquer le gaz noble le plus proche (He Z = 2 ; Ne Z = 10 ; Ar Z = 18) et l’ion monoatomique formé : Li (Z = 3), Be (Z = 4), F (Z = 9), Mg (Z = 12), S (Z = 16).

AtomeGaz noble procheGain / perteIon
LiHeperte de 1 e⁻Li⁺
BeHeperte de 2 e⁻Be²⁺
FNegain de 1 e⁻F⁻
MgNeperte de 2 e⁻Mg²⁺
SArgain de 2 e⁻S²⁻
Exercice 7 — Identifier un ion

Numéros atomiques : N 7 ; Mg 12 ; S 16. Identifier les ions suivants :
a) un ion à 12 protons et 10 électrons ; b) un ion à 7 protons et 10 électrons ; c) un ion à 16 protons et 18 électrons.

1
Charge = nombre de protons − nombre d’électrons.
2
a) +2 : ion magnésium Mg²⁺ ; b) −3 : ion nitrure N³⁻ ; c) −2 : ion sulfure S²⁻.
Exercice 8 — Solides ioniques et neutralité

Un solide ionique est électriquement neutre. Donner la formule des solides formés par : a) les ions Na⁺ et Cl⁻ ; b) les ions Mg²⁺ et Cl⁻ ; c) les ions Al³⁺ et O²⁻.

1
a) 1 Na⁺ (+1) pour 1 Cl⁻ (−1) : NaCl.
2
b) 1 Mg²⁺ (+2) pour 2 Cl⁻ (−2) : MgCl₂.
3
c) 2 Al³⁺ (+6) pour 3 O²⁻ (−6) : Al₂O₃.
Exercice 9 — Combien de liaisons ?

Un atome est particulièrement stable lorsque sa couche externe contient 2 électrons (hydrogène : règle du duet) ou 8 électrons (règle de l’octet). Déterminer le nombre de liaisons covalentes formées par H (1 électron de valence), C (4), N (5), O (6) et Cl (7).

1
Nombre de liaisons = 8 − (électrons de valence), et 2 − 1 pour H.
2
H : 1 liaison ; C : 8 − 4 = 4 ; N : 8 − 5 = 3 ; O : 8 − 6 = 2 ; Cl : 8 − 7 = 1.
HCl
3
Exemple : dans H–Cl, Cl forme 1 liaison et porte 3 doublets non liants (1 + 3 = 4 doublets, soit 8 électrons).
Exercice 10 — Schéma de Lewis de l’ammoniac

L’ammoniac a pour formule NH₃ (N : 5 électrons de valence ; H : 1). 1) Calculer le nombre total d’électrons de valence, puis de doublets. 2) Dessiner le schéma de Lewis. 3) Vérifier les règles du duet et de l’octet.

1
5 + 3 × 1 = 8 électrons, soit 4 doublets.
2
N est lié à 3 atomes H (3 doublets liants) et porte 1 doublet non liant :
NHHH
3
N : 3 liaisons + 1 doublet non liant = 8 électrons (octet) ; chaque H : 2 électrons (duet) ✓
Exercice 11 — Schéma de Lewis du dioxyde de carbone

Le dioxyde de carbone a pour formule CO₂ (C : 4 électrons de valence ; O : 6). 1) Combien de doublets au total ? 2) Dessiner son schéma de Lewis (chaque O est lié à C par une double liaison). 3) Vérifier l’octet.

1
4 + 2 × 6 = 16 électrons, soit 8 doublets.
2
4 doublets liants (2 par double liaison) et 4 doublets non liants (2 sur chaque O) :
OCO
3
C : 4 liaisons = 8 électrons ; chaque O : 2 liaisons + 2 doublets non liants = 8 électrons ✓
Exercice 12 — Le diazote, une molécule très stable

Le diazote N₂ (N : 5 électrons de valence) est le principal constituant de l’air. 1) Déterminer le nombre de doublets et proposer son schéma de Lewis. 2) La liaison entre les deux atomes est très difficile à rompre : que peut-on en déduire ?

1
2 × 5 = 10 électrons, soit 5 doublets : 3 liants (liaison triple) et 2 non liants (1 par atome) :
NN
2
La liaison triple a une énergie de liaison très élevée : le diazote est chimiquement peu réactif.
✅ Quiz d'étape

Q1. Dans l'écriture AZX, la lettre Z représente :

Q2. Les électrons de valence sont :

Q3. Un atome qui perd des électrons forme :

7. Compter les entités : la mole
🎯 Objectif : déterminer la masse d'une entité, le nombre d'entités et la quantité de matière d'un échantillon

Un échantillon de matière, même minuscule, contient un nombre gigantesque d'entités (atomes, ions ou molécules). Pour manipuler ce nombre facilement, les chimistes utilisent une unité de comptage adaptée : la mole.

1 mole = 6,022 140 76×10²³ entités (constante d'Avogadro, notée NA)

Pourquoi une unité aussi gigantesque ?

Parce que les entités sont minuscules. Une mole de secondes représenterait environ 1,9×10¹⁶ ans, soit près de 1,4 million de fois l'âge de l'Univers (13,8 milliards d'années). À l'inverse, une mole de molécules d'eau tient dans une gorgée : 18 g, soit 18 mL.

Une mole de…MasseVolume ou aspect
eau H₂O18 g18 mL, une grosse gorgée
sel NaCl58,5 gtrois à quatre cuillères à soupe
sucre C₁₂H₂₂O₁₁342 gun peu plus d'un demi-paquet
cuivre Cu63,5 gun cube de 3,3 cm d'arête
dioxygène O₂32 genviron 24 L à 20 °C

De la masse d'une entité à la quantité de matière

La masse d'une entité (molécule ou ion) se calcule en additionnant les masses des atomes qui la composent, à partir de leur formule brute. Connaissant la masse d'une entité et la masse totale d'un échantillon, on peut remonter au nombre d'entités qu'il contient, puis à la quantité de matière n (en mol) :

\(\displaystyle n = \frac{N}{N_A}\)

avec N le nombre d'entités, NA ≈ 6,022×10²³ mol⁻¹.

📋 Méthode — de la masse d'un échantillon à la quantité de matière
  1. Calculer la masse d'une entité à partir de sa formule brute (somme des masses des atomes qui la composent).
  2. Diviser la masse totale de l'échantillon par la masse d'une entité pour obtenir le nombre d'entités N.
  3. Diviser N par NA pour obtenir la quantité de matière n, en mol.
Exemple résolu

Une masse m = 3,6 g d'eau (masse d'une molécule d'eau : 3,0×10⁻²³ g) — combien de molécules d'eau contient cet échantillon, et quelle quantité de matière cela représente-t-il ?

\(N = m/m_{molécule} = 3{,}6/3{,}0\times10^{-23} = 1{,}2\times10^{23}\ \text{molécules}\) \(n = N/N_A = 1{,}2\times10^{23}/6{,}022\times10^{23} ≈ 0{,}20\ \text{mol}\)

La masse molaire : le pont entre le microscopique et le macroscopique

La masse molaire M d'une espèce est la masse d'une mole de ses entités. Elle s'exprime en g/mol. Elle se relie à la masse mentité d'une seule entité par M = NA × mentité : pour l'eau, 6,022×10²³ × 3,0×10⁻²³ g ≈ 18 g/mol. La masse molaire atomique se lit dans le tableau périodique ; la masse molaire d'une molécule est la somme des masses molaires de ses atomes.

AtomeHCNONaMgSClFeCu
M (g/mol)1,012,014,016,023,024,332,135,555,863,5
\(\displaystyle n = \frac{m}{M} \qquad\qquad m = n \times M\)
Le pont entre m, n et N
masse men gquantitéde matière nen molentités Nnombre÷ M× M× NA÷ NAM : masse molaire (g/mol)NA = 6,022×10²³ mol⁻¹
Exemple résolu — de la masse au nombre d'entités

Quelle quantité de matière et combien d'unités NaCl dans 5,85 g de sel ? M(NaCl) = 23,0 + 35,5 = 58,5 g/mol.

\(n = \dfrac{5{,}85}{58{,}5} = 0{,}100\ \text{mol} \qquad N = n\times N_A = 0{,}100\times6{,}022\times10^{23}\approx6{,}02\times10^{22}\)
📋 Méthode — la quantité de matière en quatre gestes
  1. Écrire la formule de l'espèce.
  2. Calculer M en additionnant les masses molaires atomiques (sans oublier les indices).
  3. Appliquer n = m / M (m en g, M en g/mol, n en mol).
  4. Si l'on demande un nombre d'entités : N = n × NA.
Une précision. Depuis 2019, la constante d'Avogadro est fixée à 6,022 140 76×10²³ mol⁻¹ : c'est elle qui définit la mole, non plus les 12 g de carbone 12.

La copie de Nathan, annotée

Énoncé. Quelle quantité de matière contiennent 10 g d'eau ? M(H) = 1,0 g/mol ; M(O) = 16,0 g/mol.

✏️ Ce que j'ai lu 2 / 10
M = 18
Où est le calcul ? Et l'unité : g/mol.
n = m × M = 10 × 18 = 180 mol
Formule inversée : n = m / M. Test d'homogénéité : g × g/mol ne donne pas des mol.
180 mol d'eau pèseraient 3 kg ! Ordre de grandeur absurde : 10 g < 18 g, donc n < 1 mol.
✅ Ce que j'attends 10 / 10
M(H₂O) = 2 × 1,0 + 16,0 = 18,0 g/mol
n = m / M = 10 / 18,0 = 0,56 mol
Vérification : 10 g < 18 g, donc n < 1 mol ✓
10 g d'eau représentent 0,56 mol.
Barème : M détaillée (3) · relation (2) · application numérique (2) · unité et chiffres significatifs (1) · vérification (1) · conclusion (1).
📜 Repère historique — Avogadro, Perrin et le nombre qui porte leur histoire

En 1811, Avogadro suppose que des volumes égaux de gaz contiennent le même nombre de molécules. Le nombre lui-même n'est mesuré que vers 1908 par Jean Perrin, à partir du mouvement brownien : c'est lui qui le baptise « nombre d'Avogadro ». Il obtient le prix Nobel de physique en 1926.

🔍 Le point de vue de l’expert
Ce que je lis dans les copies
  • n = m × M : la formule inversée, presque toujours accompagnée d'un résultat absurde que personne ne conteste.
  • Une masse molaire donnée sans unité, ou en g au lieu de g/mol.
  • Confusion entre la masse d'une entité (10⁻²⁶ kg) et la masse molaire (g/mol).
  • M(H₂O) calculée avec un seul H : les indices oubliés.
Le bon réflexe

Analyse dimensionnelle d'abord : l'unité du résultat doit être celle qu'on cherche. Ordre de grandeur ensuite.

Question pour la classe. Une mole d'eau et une mole d'éthanol (C₂H₆O) : même nombre de molécules ? même masse ?
Même nombre de molécules (NA dans les deux cas), mais pas la même masse : 18 g pour l'eau, 46 g pour l'éthanol (M = 2 × 12,0 + 6 × 1,0 + 16,0).
— l’expert

Exercices d'application directe

Exercice 1 — Nombre d'entités

Un échantillon contient n = 0,50 mol d'atomes de fer. Calculer le nombre d'atomes de fer correspondant.

\(N = n\times N_A = 0{,}50\times6{,}022\times10^{23}\)
N ≈ 3,0×10²³ atomes
Exercice 2 — Quantité de matière

Un échantillon contient N = 3,011×10²² molécules. Calculer la quantité de matière correspondante.

\(n = N/N_A = 3{,}011\times10^{22}/6{,}022\times10^{23}\)
n = 0,050 mol
🏋️ Entraînement — 10 exercices supplémentaires, corrigés
Exercice 3 — Masse d’une molécule de dioxyde de carbone

Donnée : la masse d’un nucléon est voisine de 1,67×10⁻²⁷ kg (soit 1,67×10⁻²⁴ g). Estimer la masse d’une molécule de dioxyde de carbone CO₂ (C : 12 nucléons ; O : 16 nucléons).

1
Nombre de nucléons : 12 + 2 × 16 = 44.
2
m = 44 × 1,67×10⁻²⁷ ≈ 7,3×10⁻²⁶ kg, soit 7,3×10⁻²³ g.
Exercice 4 — Masse d’un atome de cuivre

Donnée : la masse d’un nucléon est voisine de 1,67×10⁻²⁷ kg (soit 1,67×10⁻²⁴ g). Estimer la masse d’un atome de cuivre \({}^{64}_{29}\text{Cu}\), en kg puis en g.

1
A = 64 nucléons.
2
m = 64 × 1,67×10⁻²⁷ ≈ 1,07×10⁻²⁵ kg, soit 1,07×10⁻²² g.
Exercice 5 — Atomes dans un fil de cuivre

Un fil de cuivre a une masse de 32 g. Masse d’un atome de cuivre : 1,07×10⁻²² g ; NA = 6,022×10²³ mol⁻¹. Calculer le nombre d’atomes de cuivre, puis la quantité de matière.

1
\(N = \dfrac{m}{m_{atome}} = \dfrac{32}{1{,}07\times10^{-22}}\approx3{,}0\times10^{23}\ \text{atomes}\)
2
\(n = \dfrac{N}{N_A} = \dfrac{3{,}0\times10^{23}}{6{,}022\times10^{23}}\approx0{,}50\ \text{mol}\)
Exercice 6 — Molécules dans un litre d’eau

Un litre d’eau a une masse de 1 000 g. Masse d’une molécule d’eau : 3,0×10⁻²³ g. Combien de molécules d’eau contient-il ? Quelle quantité de matière cela représente-t-il ?

1
\(N = \dfrac{1000}{3{,}0\times10^{-23}}\approx3{,}3\times10^{25}\ \text{molécules}\)
2
\(n = \dfrac{3{,}3\times10^{25}}{6{,}022\times10^{23}}\approx55\ \text{mol}\)
Exercice 7 — Nombre d’entités

Un échantillon contient n = 2,5 mol de dioxyde de carbone. Calculer le nombre de molécules correspondant (NA = 6,022×10²³ mol⁻¹).

1
\(N = n\times N_A = 2{,}5\times6{,}022\times10^{23}\approx1{,}5\times10^{24}\ \text{molécules}\)
Exercice 8 — Quantité de matière

Un échantillon de dioxygène contient N = 1,8×10²⁴ molécules. Calculer la quantité de matière (NA = 6,022×10²³ mol⁻¹).

1
\(n = \dfrac{N}{N_A} = \dfrac{1{,}8\times10^{24}}{6{,}022\times10^{23}}\approx3{,}0\ \text{mol}\)
Exercice 9 — Masse d’une mole

Données : la masse d’un nucléon est voisine de 1,67×10⁻²⁷ kg (soit 1,67×10⁻²⁴ g) ; NA = 6,022×10²³ mol⁻¹ ; masse d’une molécule d’eau : 3,0×10⁻²³ g. Le saccharose a pour formule C₁₂H₂₂O₁₁ (C : 12 nucléons ; H : 1 ; O : 16).
1) Calculer la masse d’une molécule de saccharose. 2) Calculer la masse d’une mole d’eau, puis d’une mole de saccharose.

1
Nucléons : 12 × 12 + 22 × 1 + 11 × 16 = 342 ; m = 342 × 1,67×10⁻²⁴ ≈ 5,7×10⁻²² g.
2
Une mole d’eau : 6,022×10²³ × 3,0×10⁻²³ ≈ 18 g. Une mole de saccharose : 6,022×10²³ × 5,7×10⁻²² ≈ 3,4×10² g.
Ces masses d’une mole sont les masses molaires : environ 18 g/mol (eau) et 342 g/mol (saccharose).
Exercice 10 — Un morceau de sucre

Un morceau de sucre (saccharose C₁₂H₂₂O₁₁) a une masse de 10,0 g. La masse d’une molécule de saccharose est 5,7×10⁻²² g. Calculer le nombre de molécules et la quantité de matière.

1
\(N = \dfrac{10{,}0}{5{,}7\times10^{-22}}\approx1{,}75\times10^{22}\ \text{molécules}\)
2
\(n = \dfrac{1{,}75\times10^{22}}{6{,}022\times10^{23}}\approx2{,}9\times10^{-2}\ \text{mol}\)
Exercice 11 — Dioxygène dans une bouteille

Un échantillon de dioxygène O₂ a une masse de 1,6 g. Donnée : la masse d’un nucléon est voisine de 1,67×10⁻²⁷ kg (soit 1,67×10⁻²⁴ g) (O : 16 nucléons). Calculer la masse d’une molécule de dioxygène, le nombre de molécules et la quantité de matière.

1
mO₂ = 32 × 1,67×10⁻²⁴ ≈ 5,3×10⁻²³ g.
2
\(N = \dfrac{1{,}6}{5{,}3\times10^{-23}}\approx3{,}0\times10^{22}\ \text{molécules}\)
3
\(n = \dfrac{3{,}0\times10^{22}}{6{,}022\times10^{23}}\approx0{,}050\ \text{mol}\)
Exercice 12 — Un diamant

Un diamant est constitué uniquement d’atomes de carbone. Il a une masse de 0,20 g. Donnée : la masse d’un nucléon est voisine de 1,67×10⁻²⁷ kg (soit 1,67×10⁻²⁴ g) (C : 12 nucléons). Calculer le nombre d’atomes de carbone et la quantité de matière.

1
matome = 12 × 1,67×10⁻²⁴ ≈ 2,0×10⁻²³ g.
2
\(N = \dfrac{0{,}20}{2{,}0\times10^{-23}} = 1{,}0\times10^{22}\ \text{atomes}\)
3
\(n = \dfrac{1{,}0\times10^{22}}{6{,}022\times10^{23}}\approx1{,}7\times10^{-2}\ \text{mol}\)
📝 Exercice de synthèse
L'étiquette d'une eau minérale

L'étiquette d'une bouteille d'eau minérale de volume V = 1,5 L indique : « Sodium (Na⁺) : 130 mg/L ; Magnésium (Mg²⁺) : 24 mg/L ».

1. Le sodium et le magnésium sont-ils solvant ou soluté dans cette eau ? Justifier.
2. Calculer la masse de sodium présente dans la bouteille entière.
3. L'ion Na⁺ dérive de l'atome de sodium (Z = 11), qui a perdu 1 électron. Établir la configuration électronique de l'atome de sodium neutre, et donner son nombre d'électrons de valence.
4. Sachant que la masse d'un ion Na⁺ vaut environ 3,8×10⁻²³ g, calculer le nombre d'ions Na⁺ contenus dans la bouteille, puis la quantité de matière correspondante.

1. Solvant ou soluté ?
L'eau est le solvant (liquide majoritaire) ; le sodium et le magnésium, dissous dans l'eau, sont des solutés.
2. Masse de sodium
\(m = c_m\times V = 130\times1{,}5 = 195\ \text{mg}\)
m = 0,195 g
3. Configuration électronique du sodium
1s² 2s² 2p⁶ 3s¹ (2+2+6+1 = 11 ✓)
Couche externe 3s¹ : 1 électron de valence — cohérent avec la perte d'un seul électron pour former Na⁺.
4. Nombre d'ions et quantité de matière
\(N = m/m_{ion} = 0{,}195/3{,}8\times10^{-23} ≈ 5{,}1\times10^{21}\ \text{ions}\)
\(n = N/N_A = 5{,}1\times10^{21}/6{,}022\times10^{23}\)
n ≈ 8,5×10⁻³ mol
✅ Quiz final — tout le chapitre

Q1. Un mélange hétérogène se distingue d'un mélange homogène par :

Q2. La concentration en masse d'une solution s'exprime en :

Q3. Le numéro atomique Z d'un atome correspond à :

Q4. Deux éléments d'une même colonne du tableau périodique ont :

Q5. Un atome qui gagne des électrons pour se rapprocher de la configuration d'un gaz noble forme :

Q6. Dans un schéma de Lewis, un doublet non liant est représenté :

Q7. La constante d'Avogadro NA vaut environ :

🧠 Carte mentale du chapitre
CONSTITUTION DE LA MATIÈRE Échelle macroscopique corps purs, mélanges solutions, cₘ = m/V Structure de l'atome noyau (Z, A), cortège électronique électrons de valence Ions et molécules stabilité des gaz nobles schéma de Lewis La mole N_A ≈ 6,022×10²³ mol⁻¹ n = N/N_A
🎓 Points à retenir
Bilan express
✓Corps pur (1 seule espèce) vs mélange (plusieurs) ; homogène (1 phase) vs hétérogène (plusieurs phases). Un corps pur fond à température constante et précise.
✓Concentration en masse : cm = msoluté/Vsolution (g/L) — à ne pas confondre avec la masse volumique d'un échantillon.
✓Noyau : AZX, avec Z = protons (définit l'élément), A = nucléons, N = A−Z neutrons.
✓Configuration électronique (1s, 2s, 2p, 3s, 3p) → position dans le tableau périodique, électrons de valence (couche externe).
✓Un atome forme un ion (perte → cation, gain → anion) ou une molécule (schéma de Lewis) pour se rapprocher de la configuration stable d'un gaz noble.
✓La mole : n = N/NA, avec NA ≈ 6,022×10²³ mol⁻¹.
✓Masse molaire : M (g/mol) est la masse d'une mole ; n = m / M. M d'une molécule = somme des masses molaires atomiques.
✓CCM : Rf = d / D ; k taches = au moins k espèces ; même Rf (même éluant, même plaque) = même espèce probable.
✓Un résultat s'écrit avec son unité, le bon nombre de chiffres significatifs et une phrase de conclusion.

Repères essentiels

Concentration en masse
$c_m = m/V$
Masse volumique de l'eau
1,00×10³ kg/m³
Écriture d'un noyau
${}^A_ZX$
Neutrons
$N = A - Z$
Constante d'Avogadro
$N_A ≈ 6{,}022\times10^{23}\ \text{mol}^{-1}$
Quantité de matière
$n = N/N_A$
Masse molaire
$n = m/M$
Masse volumique
$\rho = m/V$
Rapport frontal
$R_f = d/D$
Pourcentage massique
$\%_m = m_i/m_{tot}\times100$
🚀 Pour aller plus loin…
Expérimental

Identifier une espèce chimique inconnue

À partir d'un échantillon inconnu, mesurer sa masse volumique, tester sa température de changement d'état, et réaliser les tests chimiques caractéristiques appris dans ce chapitre pour l'identifier — l'occasion de manipuler avec les règles de sécurité de base (lunettes, gants) en chimie.

Expérimental

Réaliser un dosage par étalonnage

Préparer une gamme de solutions colorées de concentrations connues, mesurer leur teinte ou leur absorbance, tracer la courbe d'étalonnage, puis déterminer la concentration d'une solution inconnue par lecture graphique — la méthode vue dans ce chapitre, mise en pratique.

Histoire des sciences

De Mendeleïev à la charge de l'électron

En 1869, le chimiste russe Dmitri Mendeleïev propose un classement des éléments chimiques connus par masse atomique croissante, en laissant des cases vides pour des éléments pas encore découverts — l'ancêtre du tableau périodique actuel. Quelques décennies plus tard, en 1909, le physicien américain Robert Millikan mesure avec précision la charge électrique élémentaire, confirmant que la charge de toute particule est un multiple entier de cette valeur.

Vers le chapitre suivant

Modélisation des transformations de la matière

Ce chapitre a décrit la matière à l'état statique, aux échelles macroscopique et microscopique. Le chapitre suivant s'intéresse à ce qui se passe lorsqu'elle se transforme : transformations physiques, chimiques et nucléaires, réactif limitant, et premiers bilans énergétiques associés à ces transformations.

🔍 Le carnet de l'expert

À force de lire des copies et d'assister à des séances, on finit par reconnaître les mêmes erreurs — et les mêmes bonnes idées. Voici ce que je retiens de ce chapitre : d'abord les compétences qu'il travaille, ensuite un modèle de rédaction, enfin les erreurs que je lis le plus souvent. À la fin, trois défis pour ceux qui aiment chercher.

Cinq compétences, cinq réflexes

CompétenceDans ce chapitre, cela veut dire…
S'approprierrepérer les données utiles, leurs unités, la grandeur cherchée
Analyser · raisonnerchoisir la bonne relation (cm = m/V, n = m/M, A = Z + N…) et justifier le choix
Réalisercalculer, écrire une configuration, un schéma de Lewis, suivre un protocole
Validerordre de grandeur, unités, chiffres significatifs, octet, somme des % = 100
Communiquerrédiger : relation littérale, application numérique, résultat, unité, phrase

Le modèle de rédaction en cinq lignes

1. Données — « m = 4,0 g ; V = 200 mL = 0,200 L ».

2. Relation — « cm = m / V ».

3. Application numérique — « cm = 4,0 / 0,200 ».

4. Résultat — « cm = 20 g/L » (unité, chiffres significatifs).

5. Conclusion — une phrase qui répond à la question posée, après une vérification (ordre de grandeur, unités).

Les dix erreurs que je lis le plus souvent

Ce que je lisCe que j'attends
« V = 250 » (des mL) dans cm = m / Vconvertir : V = 0,250 L
n = m × Mn = m / M (unités : g ÷ g/mol = mol)
N = A + ZN = A − Z
« ⁶₁₂C »A en haut, Z en bas : ¹²₆C
neuf électrons autour de l'azoteoctet : 3 liaisons + 1 doublet non liant
ρ pris pour cmmasse totale ÷ V ≠ masse du soluté ÷ V
des pourcentages dont la somme est 97 %la somme fait 100 % : chercher l'erreur
« le test est positif : c'est de l'eau pure »« le liquide contient de l'eau »
un résultat sans unitétoujours l'unité, toujours une phrase
arrondir à chaque étapearrondir uniquement le résultat final

Trois défis de l'expert

Défi 1 — Le sérum physiologique parties 3 et 7

Le sérum physiologique est une solution de chlorure de sodium à 9,0 g/L. Combien d'ions sodium Na⁺ contient 1,0 mL de sérum ? (M(NaCl) = 58,5 g/mol)

1
m = cm × V = 9,0 × 1,0×10⁻³ = 9,0×10⁻³ g de NaCl.
2
n = m / M = 9,0×10⁻³ / 58,5 ≈ 1,5×10⁻⁴ mol.
3
Une unité NaCl libère un ion Na⁺ : N = n × NA ≈ 1,5×10⁻⁴ × 6,022×10²³ ≈ 9,3×10¹⁹ ions.
Environ 9×10¹⁹ ions Na⁺ dans 1 mL de sérum.
Défi 2 — Le vinaigre blanc parties 2, 3 et 7

Un vinaigre « à 8° » contient 8 g d'acide éthanoïque (C₂H₄O₂) pour 100 g de vinaigre ; sa masse volumique est 1,01 g/mL. Combien de molécules d'acide contiennent 10 mL de ce vinaigre ? (M(H) = 1,0 ; M(C) = 12,0 ; M(O) = 16,0 g/mol)

1
mvinaigre = ρ × V = 1,01 × 10 = 10,1 g ; macide = 0,08 × 10,1 ≈ 0,81 g.
2
M(C₂H₄O₂) = 2 × 12,0 + 4 × 1,0 + 2 × 16,0 = 60,0 g/mol ; n = 0,81 / 60,0 ≈ 1,35×10⁻² mol.
3
N = n × NA ≈ 1,35×10⁻² × 6,022×10²³ ≈ 8,1×10²¹ molécules.
Environ 8×10²¹ molécules d'acide dans 10 mL de vinaigre.
Défi 3 — Les électrons d'un verre d'eau parties 4 et 7

Un verre contient 250 mL d'eau (ρ = 1,00 g/mL). Combien d'électrons contient-il ? Quelle charge totale portent-ils ? (e = 1,602×10⁻¹⁹ C ; M(H₂O) = 18,0 g/mol)

1
m = 250 g ; n = 250 / 18,0 ≈ 13,9 mol ; N = 13,9 × 6,022×10²³ ≈ 8,4×10²⁴ molécules.
2
Une molécule d'eau compte 8 + 1 + 1 = 10 électrons : 8,4×10²⁵ électrons.
3
Charge : 8,4×10²⁵ × 1,602×10⁻¹⁹ ≈ 1,3×10⁷ C, soit −1,3×10⁷ C pour les électrons, exactement compensés par les charges positives des noyaux.
Environ 8×10²⁵ électrons — et pourtant le verre est neutre.
🎓 Pour l'enseignant·e : quatre idées de mise en œuvre
  • La question flash. Ouvrir la séance en mode projection sur la « Question pour la classe » de la partie précédente : cinq minutes, sans note, réponse cachée.
  • La copie à corriger. Projeter la copie annotée sans les annotations rouges et demander aux élèves de repérer les erreurs, avant de dévoiler.
  • L'ordre de grandeur d'abord. Avant tout calcul, faire estimer le résultat à voix haute ; après le calcul, comparer.
  • Le carnet d'erreurs. Chaque élève tient une page « ce que je ne referai plus », alimentée par le tableau des dix erreurs.
— l'expert, avec toute sa considération pédagogique
🎓 Bilan d'auto-évaluation

Coche honnêtement chaque compétence que tu maîtrises. Ta progression est enregistrée automatiquement sur cet appareil.

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Commence par cocher les compétences maîtrisées ↑